Elle ferme le guichet.
ROSEMBERG.
Est-ce que je rêve? Holà! Barberine! holà! Jean! holà! Albert! Qu'est-ce que cela signifie? La porte est comme murée; on l'a fermée avec des barres de fer;—les fenêtres sont grillées et le guichet n'est pas plus grand que mon bonnet. Holà! quelqu'un! ouvrez, ouvrez, ouvrez! c'est moi, Rosemberg, je suis enfermé ici. Ouvrez! qui vient m'ouvrir? Y a-t-il ici quelqu'un?... Je prie qu'on m'ouvre, s'il vous plaît. Hé! le gardien, êtes-vous là? ouvrez-moi, monsieur, je vous prie. Je veux faire signe par la croisée. Hé! compagnon, venez m'ouvrir;—il ne m'entend pas:—ouvrir, ouvrir, je suis enfermé. Cette chambre est au premier étage.—Mais qu'est-ce donc? on ne m'ouvrira pas!
BARBERINE, ouvrant le guichet.
Seigneur, ces cris ne servent de rien. Il commence à se faire tard; si vous voulez souper, il est temps de vous mettre à filer.
Elle ferme le guichet.
ROSEMBERG.
Hé! bon! c'est une plaisanterie. L'espiègle veut me piquer au jeu par ce joyeux tour de malice. On m'ouvrira dans un quart d'heure; je suis bien sot de m'inquiéter. Oui, sans doute, ce n'est qu'un jeu; mais il me semble qu'il est un peu fort, et tout cela pourrait me prêter un personnage ridicule. Hum! m'enfermer dans une tourelle! Traite-t-on aussi légèrement un homme de mon rang?—Fou que je suis! Cela prouve qu'elle m'aime! elle n'en agirait pas si familièrement avec moi, si la plus douce récompense ne m'attendait. Voilà qui est clair; on m'éprouve peut-être, on observe ma contenance. Pour les déconcerter un peu, il faut que je me mette à chanter gaîment.
Il chante.
Quand le coq de bruyère Voit venir le chasseur, Holà! dans la clairière, Holà! landerira.