Gaston, fils de France, frère unique du Roy, estant touché d’un véritable repentir d’avoir encore manqué à la fidélité que je dois au Roy mon seigneur, et désirant me rendre digne de la grâce et du pardon, j’avoue sincèrement toutes les choses dont je suis coupable.
Suivent les accusations contre M. le Grand, sur qui il rejette noblement toute l’affaire.
Puis une seconde confession accompagne la première, touchant l’autre péché:
Monsieur, frère du Roy, à Son Éminence.
D’Aigueperce, le 7 juillet.
Gaston, etc. Ne pouvant assez exprimer à mon cousin le Cardinal de Richelieu quelle est mon extrême douleur d’avoir pris des liaisons et correspondances avec ses ennemis... je proteste devant Dieu, et prie M. le Cardinal de croire que je n’ai pas eu plus grande connoissance de ce qui peut regarder sa personne, et que, pour mourir, je n’aurois jamais presté ny l’oreille ny le cœur à la moindre proposition qui eust esté contre elle, etc., etc.
La politesse de la frayeur ne peut aller plus loin et plus bas assurément.
Mais le maître n’est pas content encore de ces mensonges et de ces humiliations.
Il envoie ses ordres sur ce qui doit être dit par Monsieur, s’il veut qu’on lui permette de rester dans le royaume et qu’on lui donne de quoi vivre.
On confrontera Monsieur et M. de Cinq-Mars.