—Oh! ma sœur, ma sœur, donne-moi la main pour descendre!

—Qu’est-ce que tu vois donc? s’écria Martine.

—Oh! je n’ose pas le dire; mais je veux descendre. Et il se mit à pleurer.

—Reste, reste, dirent toutes les femmes, reste, mon enfant, n’aie pas peur, et dis-nous bien ce que tu vois.

—Eh bien, c’est qu’on a couché le curé entre deux grandes planches qui lui serrent les jambes, il y a des cordes autour des planches.

—Ah! c’est la question, dit un homme de la ville. Regarde bien, mon ami, que vois-tu encore?

L’enfant, rassuré, se remit à la lucarne avec plus de confiance, et, retirant sa tête, il reprit:

—Je ne vois plus le curé, parce que tous les juges sont autour de lui à le regarder, et que leurs grandes robes m’empêchent de voir. Il y a aussi des capucins qui se penchent pour lui parler tout bas.

La curiosité assembla plus de monde aux pieds du jeune garçon, et chacun fit silence, attendant avec anxiété sa première parole, comme si la vie de tout le monde en eût dépendu.

—Je vois, reprit-il, le bourreau qui enfonce quatre morceaux de bois entre les cordes, après que les capucins ont béni les marteaux et les clous... Ah! mon Dieu! ma sœur, comme ils ont l’air fâché contre lui, parce qu’il ne parle pas... Maman, maman, donne-moi la main, je veux descendre.