On dit aussi Décampiller.
- DÉCANAILLER (Se), v. a. Sortir de l'obscurité, de la misère, de l'abjection,—dans le même argot.
- DÉCANILLER, v. n. Déguerpir, partir comme un chien,—dans le même argot.
On demande pourquoi, ayant sous la main une étymologie si simple et si rationnelle (canis), M. Francisque Michel a été jusqu'en Picardie chercher une chenille.
- DÉCARCASSER (Se), t. réfl. Se démener, s'agiter bruyamment,—dans le même argot.
- DÉCARRADE, s. f. Sortie, départ, fuite,—dans l'argot des voleurs.
- DÉCARRER, v. n. S'en aller de quelque part, s'enfuir.—dans l'argot des voleurs et du peuple.
- DÉCARRER DE BELLE. Sortir de prison sans avoir passé en jugement. Argot des voleurs.
- DÉCARTONNER (Se), v. réfl. Vieillir, ou être atteint de maladie mortelle,—dans l'argot des faubouriens.
- DÉCATI, adj. et s. Qui n'a plus ni jeunesse, ni beauté, qui sont le cati, le lustre de l'homme et de la femme.
- DÉCATIR (Se), v. réfl. Vieillir, enlaidir, se faner.
- DÉCAVÉ, s. m. Homme ruiné, soit par le jeu, soit par les femmes,—dans l'argot de Breda-Street.
- DÉCHANTER, v. n. Revenir d'une erreur; perdre une illusion; rabattre de ses prétentions,—dans l'argot du peuple, fidèle sans le savoir à l'étymologie (decantare).
- DÈCHE, s. f. Pauvreté, déchet de fortune ou de position,—dans le même argot.
Ce mot, des plus employés, est tout à fait moderne. Privat d'Anglemont en attribue l'invention à un pauvre cabotin du Cirque, qui, chargé de dire à Napoléon dans une pièce de Ferdinand Laloue: «Quel échec, mon empereur!» se troubla et ne sut dire autre chose, dans son émotion, que: «Quelle dèche, mon empereur!»
Être en dèche. Être en perte d'une somme quelconque.
- DÉCHEUX, adj. et s. Homme pauvre, misérable.
- DÉCHIRÉE (N'être pas trop). Se dit—dans l'argot du peuple—d'une femme qui est encore jeune, jolie et appétissante.
On dit aussi N'être pas trop égratignée.
- DÉCHIRER (Ne pas se). Se faire des compliments; se vanter.
- DÉCHIRER DE LA TOILE. Faire un feu de peloton,—dans l'argot des troupiers.
- DÉCHIRER LA CARTOUCHE, v. a. Manger,—dans l'argot des soldats et des ouvriers qui se souviennent de leurs sept ans.
- DÉCHIRER SON HABIT, v. a. Mourir,—dans l'argot des tailleurs.
- DÉCHIRER SON TABLIER, v. a. Mourir,—dans l'argot des domestiques.
- DÉCLANCHER (Se), v. réfl. Se démettre l'épaule,—dans l'argot des faubouriens, qui assimilent l'homme au mouton.
- DÉCLOUER, v. a. Dégager des effets du mont-de-piété, du clou.
- DÉCOLLER, v. n. S'en aller de quelque part; quitter une place,—dans l'argot des ouvriers.
- DÉCOLLER LE BILLARD. Mourir.
On dit aussi Dévisser son billard.