- DÉTACHER LE BOUCHON, v. a. Couper la bourse ou la chaîne de montre,—dans l'argot des voleurs.
- DÉTAFFER, v. a. Aguerrir quelqu'un, l'assurer contre le taf,—dans l'argot des voyous.
- DÉTAIL, s. m. Chose grave que l'on traite en riant,—dans l'argot du peuple.
C'est un détail! signifie: Cela n'est rien!—même lorsque c'est quelque chose d'important, d'excessivement important, fortune perdue ou coups reçus.
- DÉTALER, v. n. S'enfuir, s'en aller sans bruit,—dans le même argot.
- DÉTAROQUER, v. a. Démarquer du linge,—dans l'argot des voleurs, qui ont bien le droit de faire ce que certains vaudevillistes font de certaines pièces.
- DÉTELER, v. n. Renoncer aux jeux de l'amour et du hasard,—dans l'argot des bourgeois, qui connaissent le Solve senescentem d'Horace, mais qui ont de la peine à y obéir.
On dit aussi Enrayer.
- DÉTOCE ou Détosse, s. f. Détresse, guignon,—dans l'argot des prisons.
- DÉTOURNE (Vol à la), s. m. Vol dans l'intérieur des magasins ou à la devanture des boutiques.
On dit aussi Grinchissage à la détourne.
- DÉTOURNEUR, EUSE, s. Individu qui pratique le grinchissage à la détourne.
- DEUX COCOTTES (Les). Le numéro 22,—dans l'argot des joueurs de loto.
- DEUX D'AMOUR, s. m. Le numéro 2,—dans le même argot.
- DEUX SœURS, s. f. pl. Les nates de Martial,—dans l'argot des faubouriens.
- DEUX SOUS DU GARÇON, s. m. pl. Le pourboire que chaque consommateur est forcé—sous peine d'être «mal servi»—de donner aux garçons de café, qui s'achètent des établissements avec le produit capitalisé de cet impôt direct.
- DEVANT DE GILET, s. m. Gorge de femme,—dans l'argot des faubouriens.
- DÉVEINE, s. f. Malheur constant dans une série d'opérations constantes.
Être en déveine. Perdre constamment au jeu.
- DÉVERGONDÉE, s. f. Fille ou femme qui a toute vergogne bue,—dans l'argot des bourgeoises, qui quelquefois donnent ce nom à une pauvre fille dont le seul crime est de n'avoir qu'un amant.
- DÉVIDAGE, s. m. Long discours, bavardage interminable,—dans l'argot des voleurs.
Dévidage à l'estorgue. Accusation.