- DONNER DANS L'œIL, v. n. Plaire,—dans l'argot des petites dames, qui l'emploient aussi bien à propos des gens que des choses dont elles ont envie.
Les faubouriens disent: Taper dans l'œil. C'est plus expressif,—parce que c'est plus brutal.
Molière a employé Donner dans la vue avec la même signification. J'ai trouvé dans le Tempérament, tragédie-parade de 1755: Il m'a donné dans l'œil, employé dans le même sens.
- DONNER DE COUPS DE PIED (Ne pas se). Faire son propre éloge, se dire des choses aimables, s'avantager dans un récit. Argot du peuple.
- DONNER DE LA GROSSE CAISSE. Faire des réclames à un livre ou à un médicament,—dans l'argot des journaux.
- DONNER DE L'AIR (Se), v. réfl. S'en aller de quelque part, non parce qu'on y étouffe, mais parce qu'on s'y ennuie, ou parce qu'il est l'heure de se retirer.
- DONNER DE LA SALADE. Battre, secouer quelqu'un,—dans l'argot des faubouriens, qui ne se doutent pas que cette expression est une corruption de Donner la salle, c'est-à-dire fouetter un écolier en public.
Ils disent aussi Donner une chicorée.
- DONNER DU BALAI. Chasser quelqu'un, remercier un employé, congédier un domestique,—dans l'argot des bourgeois.
- DONNER DU BON TEMPS (Se). Se divertir, «cueillir le jour» et la nuit,—dans le même argot.
- DONNER DU CAMBOUIS. Se moquer de quelqu'un, lui jouer un tour, le duper,—dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression depuis trois cents ans: «Ah! très orde vieille truande! vous me baillez du cambouys!» s'écrie le Diable dans la Farce du meunier.
- DONNER DU FIL A RETORDRE. Embarrasser quelqu'un, lui rendre une affaire épineuse, une question difficile à résoudre.
- DONNER DU VENT. Brimer,—dans l'argot des Saint-Cyriens.
- DONNER DU VINAIGRE. Tourner très vite,—dans l'argot des enfants, lorsqu'ils jouent à la corde.
- DONNER LA MIGRAINE A UNE TÊTE DE BOIS, v. a. Être excessivement ennuyeux,—dans l'argot des gens de lettres.
L'expression appartient à Hippolyte Babou.
- DONNER SON BOUT, v. a. Congédier un ouvrier,—dans l'argot des tailleurs.
On dit aussi donner son bout de ficelle.
- DONNER UN COUP DE PIED JUSQUE... Aller jusqu'à tel endroit désigné,—dans l'argot du peuple.
- DONNER UN COUP DE POING DONT ON NE VOIT QUE LA FUMÉE, v. a. L'appliquer sur le visage avec une grande violence,—même argot.