J'ai entendu la phrase, et j'ai frémi pour celui à qui elle s'adressait: «Je te donnerai un coup de poing au nez, que tu n'en verras que la fumée!» disait un robuste Auvergnat à un ouvrier d'apparence médiocre.
- DONNER UN PONT A FAUCHER, v. a. Tendre un piège,—dans l'argot des voleurs.
- DONNER UN REDOUBLEMENT DE FIÈVRE, v. a. Révéler un nouveau méfait à la charge d'un accusé,—dans le même argot.
- DONNEUR D'AFFAIRES, s. m. Celui qui indique les vols à faire.
- DONNEZ-LA! Méfiez-vous,—dans le même argot.
- DONT AUQUEL, adj. A qui rien n'est comparable,—dans l'argot du peuple.
Il y a plus d'un siècle déjà que ce barbarisme court les rues.
- DONZELLE, s. f. Fille qui préfère la compagnie des hommes à celle des femmes,—dans le même argot.
Signifie aussi Maîtresse.
Comme les mots déchoient! La donzelle du Moyen Age était la demoiselle de la maison,—dominicella, ou domina; la donzelle du XIXe siècle est une demoiselle de maison.
- DOR, s. m. Or, du dor,—dans l'argot des enfants.
- DORANCHER, v. a. Dorer,—dans l'argot des voleurs.
- DORMIR EN CHIEN DE FUSIL, v. n. C'est,—dans l'argot du peuple,—prendre en dormant une posture qui donne au corps la forme d'une S ou du morceau de fer qu'on abat sur le bassinet de certaines armes à feu lorsqu'on veut tirer.
- DORSAY, s. m. Petite jaquette élégante,—dans l'argot des tailleurs et des gandins.
- DORT-DANS-L'AUGE, s. m. Paresseux, homme qui s'endort sur la besogne,—dans l'argot du peuple.
- DORT-EN-CHIANT, s. m. Homme mou, paresseux, lambin.
- DOS D'AZUR, s. m. Souteneur de filles.
(V. Dauphin.)
On dit aussi Dos vert.
- DOSSIÈRE, s. f. Fille publique,—dans l'argot des voleurs, qui n'ont certainement pas voulu dire, comme le prétend un étymologiste, «femme sur laquelle tout le monde peut s'asseoir». Quelle étymologie alors? Ah! voilà! Difficile dictu. Une dossière, c'est une femme qui joue souvent le rôle de supin.
- DOSSIÈRE DE SATTE, s. f. Chaise, fauteuil,—dans le même argot.
- DOUBLAGE, s. m. Vol,—dans l'argot des voyous, qui appellent les voleurs Doubleurs, probablement parce qu'ils témoignent une grande duplicité.
- DOUBLE, s. m. Sergent-major,—dans l'argot des soldats, qui l'appellent ainsi probablement à cause de ses deux galons dorés.
- DOUBLER, v. a. Voler.
- DOUBLER UN CAP, v. a. Passer heureusement une échéance, un 1er ou un 15, sans avoir un billet protesté,—dans l'argot des commerçants, qui connaissent les écueils de la Fortune.