Par extension, S'engluer.

Se faire embrocher. Se faire tuer.

Voilà un des mots de notre langue qui ont le plus perdu en grandissant et se sont le plus corrompus en vieillissant. L'auteur du Code orthographique,—fort bon livre d'ailleurs,—prétend qu'il ne faut pas dire embrouillamini, parce que ce mot n'est pas français, mais bien brouillamini,—qui n'est pas plus français, j'ai le regret de le déclarer à M. Hétrel et à l'Académie, son autorité. On a commencé par dire Bol d'Arménie, et le bol d'Arménie était un remède de cheval fort compliqué, fort embrouillé; de Bol d'Arménie on a fait Brouillamini, puis Embrouillamini: Molière a employé le premier dans son Bourgeois Gentilhomme, et Voltaire s'est servi du second dans sa Lettre à d'Argental.

Maintenant, Voltaire et Molière écartés, comment le peuple dit-il, lui,—puisque c'est le Dictionnaire du peuple que je fais ici? Le peuple prononce Embrouillamini. Cela me suffit.

Embrouillamini du diable. Confusion extrême, embarras dont on ne peut sortir.

Ils disent aussi S'embrouillarder.