Monter sur ses ergots. Se fâcher.
- ES, s. m. Apocope d'Escroc,—dans l'argot des voyous, qui se plaisent à lutter de concision et d'inintelligibilité avec les voleurs.
Ils disent aussi Croc, par aphérèse.
- ESBIGNER (S'), v. réfl. S'en aller, s'enfuir,—dans l'argot des faubouriens, à qui Désaugiers a emprunté cette expression.
- ESBLOQUANT, adj. Etonnant, ébouriffant,—dans l'argot des soldats, qui songent au bloc plus souvent qu'ils ne le voudraient, et le mettent naturellement à toutes sauces.
- ESBROUFFANT, adj. Inouï, incroyable,—dans l'argot du peuple.
- ESBROUFFE, s. f. Embarras, manières, vantardises.
Faire de l'esbrouffe. Faire plus de bruit que de besogne.
- ESBROUFFER, v. a. En imposer; faire des embarras, des manières, intimider par un étalage de luxe et d'esprit.
Signifie aussi Réprimander.
- ESBROUFFEUR, s. et adj. Gascon de Paris, qui vante sa noblesse apocryphe, ses millions improbables, ses maîtresses imaginaires, pour escroquer du crédit chez les fournisseurs et de l'admiration chez les imbéciles.
- ESBROUFFEUSE, s. t. Drôlesse qui éclabousse d'autres drôlesses, ses rivales, par son luxe insolent, par ses toilettes tapageuses, par le nombre et la qualité de ses amants.
- ESCAFIGNONS, s. m. Souliers,—dans l'argot du peuple, qui parle comme écrivait ou à peu près, il y a 450 ans, Eustache Deschamps, l'inventeur de la Ballade.
«De bons harnois, de bons chauçons velus.
D'escafilons, de sollers d'abbaïe.»
Les écoliers du temps jadis disaient Escaffer pour Donner un coup de pied «quelque part.»