- ÉPIPLOON, s. m. Cravate.—dans l'argot des étudiants, frais émoulus du grec. Pour ceux, en effet, qui ne sont pas encore gandins, la cravate flotte sur le cou επι ([grec: epi] et πλειν [grec: plein]) comme le grand repli du péritoine flotte sur les intestins.
Signifie aussi Chemise.
- ÉPLUCHER, v. a. Examiner avec soin, méticuleusement, soupçonneusement, la conduite de quelqu'un ou une affaire quelconque.
- ÉPONGE, s. f. Maîtresse,—dans l'argot des voyous, qui révèlent ainsi d'un mot tout un détail de mœurs. Autrefois (il n'y a pas longtemps) les filles et leurs souteneurs hantaient certains cabarets borgnes connus de la police. Ces messieurs consommaient, on inscrivait sur l'ardoise, ces dames payaient, et le cabaretier acquittait la note d'un coup d'éponge.
- ÉPONGE, s. f. Ivrogne,—dans l'argot du peuple.
- ÉPONGE A SOTTISES, s. f. Imbécile, qui accepte tout ce qu'on lui dit comme paroles d'Évangile.
L'expression sort du Théâtre Italien de Ghérardi.
- ÉPONGE D'OR, s. f. Avoué,—dans l'argot des prisons.
- ÉPOQUES (Avoir son ou ses). Se dit,—dans l'argot des bourgeois,—des menses des femmes.
- ÉPOUFFER, v. a. et n. Saisir la victime à l'improviste,—dans l'argot des voleurs.
- ÉPOUSE, s. f. Maîtresse,—dans l'argot des étudiants, qui se marient souvent pour rire avant de se marier pour de bon.
- ÉPOUSER LA CAMARDE, v. a. Mourir,—dans l'argot des voleurs, qui préféreraient souvent une autre fiancée.
- ÉPOUSER LA FOUCANDIERE, v. a. Se débarrasser des objets volés en les jetant çà et la quand on est poursuivi.
«Épouser est ici une altération d'éponter, qui faisait autrefois partie du langage populaire avec le sens de glisser, de se dérober.» C'est M. Francisque Michel qui dit cela, et il a raison.
- ÉPOUSER LA VEUVE, v. a. Être exécuté,—dans l'argot des malfaiteurs, dont beaucoup sont fiancés dès leur naissance avec la guillotine.
- ÉQUIPE, s. f. Les ouvriers qui composent une commandite,—dans l'argot des typographes.
- ÉREINTER, v. a. Dire du mal d'un auteur ou de son livre,—dans l'argot des journalistes; siffler un acteur ou un chanteur,—dans l'argot des coulisses.
- ÉREINTEUR, s. m. Homme-merle qui sait siffler au lieu de savoir parler, et remplace le style par l'injure, la bonne foi de l'écrivain digne de ce nom par la partialité du condottiere digne de la police correctionnelle.
- ÉRÉNÉ, adj. et s. Éreinté,—fourbu,—dans l'argot du peuple.
Ce mot, du meilleur français et toujours employé, manque au Dictionnaire de Littré.
- Ergots, s. m. pl. Les pieds ou les talons.
Être sur ses ergots. Tenir son quant-à-soi; avoir une certaine raideur d'attitude frisant de très près l'impertinence.