On disait autrefois Escaper.
Escarper un zigue à la capahut. Assassiner un camarade pour lui voler sa part de butin.
- ESCARPINER (S'). S'échapper, s'enfuir en courant légèrement,—dans l'argot des faubouriens, qui ne savent pas qu'ils emploient un mot du XVIe siècle.
- ESCARPINS DE LIMOUSIN, s. m. pl. Sabots,—dans l'argot du peuple, qui sait que les Lémovices n'ont jamais porté d'autre chaussure, si l'on en excepte toutefois des souliers pachydermiques qui ont plus de clous que l'année n'a de semaines.
On dit aussi Escarpins en cuir de brouette.
- ESCARPOLETTE, s. f. Charge de bon ou de mauvais goût, interpolation bête ou spirituelle,—dans l'argot des comédiens.
- ESCLOTS, s. m. pl. Sabots,—dans l'argot du peuple, qui se servait déjà de cette expression du temps de Rabelais.
- ESCOBAR, s. m. Nom d'homme, qui est devenu celui de tous les hommes dont la conduite est tortueuse et dont les paroles semblent louches.
- ESCOFFIER, v. a. Tuer,—dans l'argot du peuple, qui a emprunté ce mot au provençal escofir.
- ESCOGRIFFE, s. m. Homme de grande taille et de mine suspecte,—dans le même argot.
On dit aussi Grand escogriffe —pour avoir l'occasion de faire un pléonasme.
- ESCOUSSE, s. f. Élan,—dans l'argot des écoliers.
Prendre son escousse. Reculer de quelques pas en arrière pour sauter plus loin en avant.
- ESPALIER, s. m. Figurante,—dans l'argot des coulisses.
- ESPALIER, s. m. Galérien,—dans l'ancien argot des voleurs.
- ESPÈCE, s. f. Femme entretenue,—dans l'argot méprisant des bourgeoises, héritières des rancunes des duchesses contre les jolies filles qui leur enlèvent leurs fils et leurs maris.
- ESPÉRANCES, s. f. pl. Héritage paternel ou maternel que toute jeune fille bien élevée doit apporter comme surcroît de dot à son époux, qui ne craint pas de voir mettre les souliers d'un mort dans la corbeille de mariage.
Avoir des espérances. Avoir des grands-parents riches que l'on compte voir mourir bientôt,—façon bourgeoise de «tuer le mandarin!»