Le mot est du XVe siècle, très évidemment, puisqu'il se trouve dans Marot; mais très évidemment aussi, il a fait le plongeon dans l'oubli pendant près de trois cents ans, puisqu'il ne paraît être en usage à Paris que depuis une trentaine d'années.
- ANGLAIS, s. m. Entreteneur,—dans l'argot des petites dames, qui donnent ce nom à tout galant homme tombé dans leurs filets, qu'il soit né sur les bords de la Tamise ou sur les bords du Danube. Elles ajoutent à leur manière des pages nombreuses à notre livre des Victoires et Conquêtes.
- ANGLAIS (Avoir ses). Avoir ses menses,—dans l'argot des filles, qui font ainsi allusion à la couleur de l'uniforme des soldats d'Albion.
Elles disent aussi: Les Anglais ont débarqué.
- ANGLAISE, s. f. Écot, part de chacun dans une affaire ou dans un dîner. Argot des saltimbanques.
Faire une anglaise. Payer chacun son écot.
- ANGLAISE, s. f. Jeu de gouapeurs qui consiste à jeter les sous de chacun et à garder pour soi les faces; un second prend les piles qui restent et rejette, etc.
Jouer à l'anglaise. Jouer aux sous.
- ANGLUCE, s. f. Oie,—dans l'argot des voleurs.
- ANGOULÊME, s. f. La bouche—dans l'argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot à l'argot du peuple, par corruption du verbe français engouler, avaler, et non, comme le voudrait M. Francisque Michel, par une allusion plus ou moins ingénieuse et plus ou moins fondée à la réputation de goinfrerie de la capitale de l'Angoumois.
- ANGUILLE, s. f. Ceinture,—dans l'argot des voleurs.
- ANGUILLE, s. f. Fouet à sabot,—dans l'argot des enfants.
- ANONCHALI, adj. Découragé, abattu par l'ennui ou le chagrin—dans l'argot du peuple, fidèle à la tradition du vieux langage.
- ANSE, s. f. Bras,—dans l'argot des faubouriens.
Offrir son anse. Offrir son bras.
Faire le panier à deux anses. Se promener avec une femme à chaque bras.