- ANSES, s. f. pl. Oreilles,—parce qu'elles sont de chaque côté de la tête comme les anses de chaque côté d'un pot.
- ANTIF, s. m. Marche,—dans l'argot des voleurs.
Battre l'antif. Marcher. Signifie aussi Tromper, dissimuler.
- ANTIFFE, s. f. Eglise,—dans le même argot.
On dit aussi Antiffle et Antonne.
- ANTIFFLER, v. n. Se marier à l'église.
- ANTIPATHER, v. a. Avoir de l'aversion, de l'antipathie pour quelqu'un ou pour quelque chose. Argot des lorettes et des bourgeoises.
Le mot est de Gavarni.
- ANTIQUE, s. m. Élève qui sort de l'Ecole. Argot des Polytechniciens.
- ANTONISME, s. m. Maladie morale introduite dans nos mœurs par Alexandre Dumas, vers 1831, époque de la première représentation d'Antony, et qui consistait à se poser en homme fatal, en poitrinaire, en victime du sort, le tout avec de longs cheveux et la face blême. Cette maladie, combattue avec vigueur par le ridicule, ne fait presque plus de ravages aujourd'hui. Cependant il y a encore des voltigeurs du Romantisme comme il y a eu des voltigeurs de la Charte.
- ANTONY, s. m. Un nom d'homme qui est devenu un type, celui des faux poitrinaires et des poètes incompris.
- APASCLINER (S'), v. réfl. S'acclimater,—dans l'argot des voleurs.
(V. Paclin.)
- APIC, s. m. Ail,—dans le même argot.
- APLOMBER, v. a. Étonner, étourdir par son aplomb. Même argot.
- APOPLEXIE DE TEMPLIER, s. f. Coup de sang provoqué par une ingestion exagérée de liquide capiteux. Argot du peuple.
- APOTHICAIRE SANS SUCRE, s. m. Ouvrier qui est mal outillé; marchand qui est mal fourni des choses qui concernent son commerce.
- APÔTRES, s. m. pl. Les doigts de la main,—dans l'argot des voleurs, qui font semblant d'ignorer que les disciples du Christ étaient douze.
- APPAREILLER, v. n. Sortir, se promener,—dans l'argot des marins.
- APPAS, s. m. pl. Gorge de femme,—dans l'argot des bourgeois.
- APPELER AZOR, v. a. Siffler un acteur comme on siffle un chien. Argot des comédiens.
- APPLIQUE, s. f. Partie de décors qui se place à l'entrée des coulisses, sur les portants. Même argot.
- APPRENTI, s. m. Premier grade de la maçonnerie symbolique.
- APPRENTIF, s. m. Jeune garçon qui apprend un métier,—dans l'argot du peuple, fidèle à l'étymologie (Apprehendivus) et à la tradition: «Aprentif jugleor et escrivain marri,» dit le Roman de Berte.
- APPUYER, v. a. et n. Abaisser un décor, le faire descendre des frises sur la scène. Argot des coulisses. (V. Charger.)
- APPUYER SUR LA CHANTERELLE, v. n. Toucher quelqu'un où le bât le blesse; prendre la cigale par l'aile: insister maladroitement sur une chose douloureuse, souligner une recommandation. Argot du peuple.
- AQUIGER, v. a. Prendre,—dans l'argot des faubouriens.
Cependant ils disent plus volontiers quiger, et quelquefois ils étendent le sens de ce verbe selon la nécessité de leur conversation.