- ÊTRE DANS SES PETITS SOULIERS. Être embarrassé, gêné par une observation, par une question, en souffrir et en faire la grimace, comme quelqu'un qui serait trop étroitement chaussé. Argot des bourgeois.
- ÊTRE DANS TOUS SES ÉTATS. Être très préoccupé d'une chose; se donner beaucoup de mal, se remuer extrêmement à propos de n'importe quoi et de n'importe qui, et souvent ne pas faire plus de besogne que la mouche du coche. Même argot.
- ÊTRE DANS UN ÉTAT VOISIN. Être ivre,—dans l'argot des typographes, qui pratiquent volontiers l'ellipse et la syncope.
- ÊTRE DE CHÉ, ou d'CHÉ. Être complètement saoul,—dans l'argot des voleurs.
- ÊTRE DE LA BONNE, v. n. Être heureux, avoir toutes les chances,—dans l'argot des voleurs.
- ÊTRE DE LA FÊTE. Être heureux ou hors de danger après avoir été compromis, menacé. Argot du peuple.
- ÊTRE DE LA HAUTE. Appartenir à l'aristocratie du mal,—dans le même argot. Faire partie de l'aristocratie du vice,—dans l'argot des filles.
- ÊTRE DE LA PAROISSE DE LA NIGAUDAIE. Être un peu trop simple d'esprit,—dans l'argot du peuple.
- ÊTRE DE LA PAROISSE DE SAINT-JEAN-LE-ROND. Être ivre,—dans l'argot des ouvriers irrévérencieux sans le savoir envers d'Alembert.
- ÊTRE DE LA PROCESSION. Être du métier.
On dit aussi En être.
- ÊTRE DÉMATÉ. Être vieux, impotent,—dans l'argot des marins.
- ÊTRE DESSOUS. Être ivre,—dans l'argot du peuple.
- ÊTRE DU BÂTIMENT, v. n. Faire partie de la rédaction d'un journal. Être feuilletoniste ou vaudevilliste,—dans l'argot des gens de lettres, qui forment une corporation dont l'union ne fait pas précisément la force.
- ÊTRE D'UN BON SUIF. Être ridicule, mal mis, ou contrefait,—dans l'argot du peuple.
On dit aussi Être d'un bon tonneau.
- ÊTRE DU QUATORZIÈME BÉNÉDICITÉ. Faire partie du régiment,—ou plutôt de l'armée des imbéciles.
- ÊTRE ENCORE (L'). C'est, pour une femme, avoir encore le droit de recevoir un bouquet de roses blanches, le jour de l'Assomption, sans être exposée à considérer le présent comme une épigramme.
- ÊTRE EN DÉLICATESSE AVEC QUELQU'UN. Être presque brouillé avec lui; l'accueillir avec froideur,—dans l'argot des bourgeois.
- ÊTRE EN FINE PÉGRAINE, v. n. Être à toute extrémité,—dans l'argot des prisons,
- ÊTRE EN TRAIN, v. n. Commencer à se griser,—dans l'argot des ouvriers.
- ÊTRE FORT AU BÂTONNET. Façon de parler ironique qu'on emploie à propos d'une maladresse commise.
- ÊTRE LE BœUF, v. a. Être victime de quelque mauvaise farce, de quelque mauvais coup,—dans l'argot du peuple, qui a voulu faire allusion au dieu Apis que l'on abat tous les jours dans les échaudoirs sans qu'il proteste, même par un coup de corne.
- ÉTRENNER, v. n. Recevoir un soufflet, un coup quelconque. Argot des faubouriens.
- ÊTRE PAF, v. n. Être en état d'ivresse. Même argot.
- ÊTRE PRÈS DE SES PIÈCES. N'avoir pas d'argent ou en avoir peu. Argot du peuple.
- ÊTRE PRIS DANS LA BALANCINE. Se trouver dans une position gênante.
L'expression est de l'argot des marins.
- ÊTRE SUR LA PLANCHE, v. n. Comparaître en police correctionnelle ou devant la Cour d'assises. Argot des voleurs.
- ÊTRE SUR LE SABLE, v. n. N'avoir pas de maîtresse,—dans l'argot des souteneurs, que cela expose à crever de faim.
- ÊTRE TROP PETIT. N'avoir pas l'adresse ou le courage nécessaire pour une chose. Argot du peuple.
T'es trop petit! est une expression souveraine de mépris, dans la bouche des faubouriens.
- ÊTRE VENT DESSUS VENT DEDANS. Être en état d'ivresse,—dans l'argot des ouvriers qui ont servi dans l'infanterie de marine.
- ÉTRILLER, v. a. Donner des coups,—dans l'argot du peuple.
Signifie aussi: Voler, surfaire un prix, surcharger une addition.