Faire le foulard. Voler des mouchoirs de poche.
Faire des poivrots ou des gavés. Voler des gens ivres.
Faire une maison entière. En assassiner tous les habitants sans exception et y voler tout ce qui s'y trouve.
- FAIRE (Le), v. a. Réussir,—dans l'argot du peuple, qui emploie ordinairement ce verbe avec la négative, quand il veut défier ou se moquer. Ainsi: Tu ne peux pas le faire, signifie: Tu ne me supplanteras pas,—tu ne peux pas lutter de force et d'esprit avec moi,—tu ne te feras jamais aimer de ma femme,—tu ne deviendras jamais riche, ni beau,—etc., etc. Comme quelques autres du même argot, ce verbe, essentiellement parisien, est une selle à tous chevaux.
- FAIRE (Se), v. réfl. S'habituer,—dans l'argot des bourgeois.
Se faire à quelque chose. Y prendre goût.
Se faire à quelqu'un. Perdre de la répugnance qu'on avait eue d'abord à le voir.
- FAIRE (Se). Se bonifier,—dans l'argot des marchands de vin.
- FAIRE ACCROCHER (Se). Se faire mettre à la salle de police,—dans l'argot des soldats.
- FAIRE A LA RAIDEUR (La). Se montrer raide, exigeant, dédaigneux,—dans l'argot des petites dames.
Elles disent de même: La faire à la dignité, ou à la bonhomie, ou à la méchanceté, etc.
- FAIRE ALLER, v. a. Se moquer de quelqu'un, le berner,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE A L'OSEILLE (La), v. a. Jouer un tour désagréable à quelqu'un,—dans l'argot des vaudevillistes.
L'expression sort d'une petite gargote de cabotins de la rue de Malte, derrière le boulevard du Temple, et n'a que quelques années. La maîtresse de cette gargote servait souvent à ses habitués des œufs à l'oseille, où il y avait souvent plus d'oseille que d'œufs. Un jour elle servit une omelette... sans œufs.—«Ah! cette fois, tu nous la fais trop à l'oseille,» s'écria un cabotin. Le mot circula dans l'établissement, puis dans le quartier; il est aujourd'hui dans la circulation générale.