- FAIRE DES SIENNES, v. a. Faire des folies ou des sottises,—dans l'argot des bourgeois.
- FAIRE DES YEUX DE HARENG, v. a. Crever les yeux à quelqu'un,—dans l'argot des voleurs.
- FAIRE DE VIEUX OS (Ne pas), v. a. Ne pas demeurer longtemps dans un emploi, dans un logement, etc.
Signifie aussi: N'être pas destiné à mourir de vieillesse, par suite de maladie héréditaire ou de santé débile.
- FAIRE DU LARD, v. a. Dormir; se prélasser au lit,—dans l'argot du peuple, à qui les exigences du travail ne permettront jamais d'engraisser.
Aller faire du lard. Aller se coucher.
- FAIRE DU PAPIER MARBRÉ, v. a. Avoir la mauvaise habitude de se réchauffer les pieds avec un gueux,—dans l'argot du peuple, qui a eu maintes fois l'occasion de constater les inconvénients variqueux de cette habitude familière aux marchandes en plein vent, aux portières, et généralement à toutes les femmes trop pauvres pour pouvoir employer un autre mode de chauffage que celui-là.
- FAIRE ÉCLATER LE PÉRITOINE (S'en). Manger ou boire avec excès,—dans l'argot des étudiants.
- FAIRE ENSEMBLE, v. n. Jouer ou manger ensemble,—dans l'argot des écoliers, qui prêtent quelquefois cette expression aux ,grandes personnes.
- FAIRE FEU, v. a. Boire,—dans l'argot des francs-maçons, qui ont des canons pour verres.
- FAIRE JACQUES DÉLOGE, v. n. Partir précipitamment sans payer son terme ou sans prendre congé de la compagnie,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE LA BALLE ÉLASTIQUE. Manquer de vivres,—dans l'argot des voleurs, que cela doit faire bondir.
- FAIRE LA BARBE, v. a. Se moquer de quelqu'un, lui jouer un vilain tour,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE LA BÊTE, v. a. Faire des façons.
On dit aussi Faire l'âne pour avoir du son.
- FAIRE LA GRANDE SOULASSE, v. a. Assassiner,—dans l'argot des voleurs.
- FAIRE LA GRASSE MATINÉE, v. a. Rester longtemps au lit à dormir ou à rêvasser,—dans l'argot des bourgeois, à qui leurs moyens permettent ce luxe.
- FAIRE LA MANCHE, v. a. Faire la quête,—dans l'argot des saltimbanques.
- FAIRE LA PLACE POUR LES PAVÉS A RESSORTS. Faire semblant de chercher de l'ouvrage et prier le bon Dieu de ne pas en trouver,—dans l'argot des ouvriers, ennemis-nés des paresseux.
- FAIRE LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS. Être le maître quelque part; avoir une grande influence dans une compagnie, dans un atelier. Argot des bourgeois.
- FAIRE LA RETAPE, v. a. Aller se promener sur le trottoir des rues ou des boulevards, en toilette tapageuse et voyante, bien retapée en un mot, pour y faire la chasse à l'homme. Argot des filles et des souteneurs.
- FAIRE L'ARTICLE, v. a. Vanter sa marchandise,—dans l'argot des marchands. Parler de ses titres littéraires,—dans l'argot des gens de lettres. Faire étalage de ses vices,—dans l'argot des petites dames.
- FAIRE LA SOURIS, v. n. Enlever délicatement et sans bruit son argent à un homme au moment où il doit y penser le moins,—dans l'argot des petites dames qui ne craignent pas d'ajouter le vol au vice.
- FAIRE LA TORTUE. Jeûner,—dans l'argot des voleurs et des faubouriens, qui font allusion à l'abstinence volontaire ou forcée à laquelle l'intéressant testudo est astreint pendant des mois entiers.
- FAIRE LA VIE, v. n. Se débaucher, courir les gueuses, ou avoir de nombreux amants, selon le sexe,—dans l'argot des bourgeois, qui pensent peut-être que c'est plutôt défaire sa vie.
- FAIRE LE BON FOURRIER, v. n. C'est, dans un repas, servir ou découper de façon à ne pas s'oublier soi-même.
Faire le mauvais fourrier. Servir ou découper de façon à contenter tout le monde excepté soi-même.
- FAIRE LE BOULEVARD, v. n. Se promener, en toilette provocante et en tournure exagérée, sur les boulevards élégants,—dans l'argot de Breda-Street, qui est l'écurie d'où sortent chaque soir, vers quatre heures, de si jolis pur-sang, miss Arabella, miss Love, etc.
On dit aussi Faire la rue ou Faire le trottoir.