- FAIRE LE CUL DE POULE, v. n. Faire la moue en avançant les lèvres et en les pressant,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE L'ÉCUREUIL. Faire une besogne inutile, marcher sans avancer,—dans le même argot.
- FAIRE L'ÉGARD. Détourner à son profit partie d'un vol.
On disait autrefois Ecarter,—ce qui est faire son écart.
- FAIRE LE GRAND, v. a. Alvum deponere,—dans l'argot des pensionnaires.
Elles disent aussi Faire le grand tour.
- FAIRE LE LÉZARD, v. n. S'étendre au soleil et y dormir ou y rêver,—dans l'argot des bohèmes et du peuple.
- FAIRE LE MOUCHOIR, v. a. Voler une idée de drame, de vaudeville ou de roman,—dans l'argot des gens de lettres.
- FAIRE LE PETIT, v. a. Meiere;—dans l'argot des pensionnaires.
Elles disent aussi Faire le petit tour.
- FAIRE LE PLONGEON, v. a. Se confesser in extremis—dans l'argot du peuple, qui a horreur de l'eau.
C'est le mot de Condorcet parlant des derniers moments d'Alembert: «Sans moi, dit-il, il faisait le plongeon.»
- FAIRE L'œIL de carpe. Rouler les yeux de façon à n'en montrer que le blanc,—dans l'argot des petites dames, qui croient ainsi donner fort à penser aux hommes.
- FAIRE MAL. Faire pitié,—dans l'argot des faubouriens et des filles, qui disent cela avec le plus grand mépris possible. Ah!tu me fais mal! est d'une éloquence à nulle autre pareille: on a tout dit quand on a dit cela.
- FAIRE MOURIR (S'en). Désirer ardemment une chose,—dans l'argot du peuple.
S'emploie d'ordinaire comme formule de refus à une demande indiscrète ou exagérée: Ah! tu t'en ferais mourir! C'est le refrain d'une chanson récente qui a fait son tour de Paris comme le drapeau rouge, et qui est en train de faire son tour au monde comme le drapeau tricolore.