- FAIRE NONNE. Prêter la main à un vol,—dans l'argot des prisons.
- FAIRE PASSER LE GOÛT DU PAIN. Tuer quelqu'un,—dans l'argot du peuple.
On dit aussi Perdre le goût du pain, pour Mourir.
- FAIRE PATROUILLE. Se débaucher de compagnie, courir les rues après minuit avec des libertins et des ivrognes.
- FAIRE PEAU NEUVE. S'habiller à neuf.
- FAIRE PÉTER LE CYLINDRE (S'en). Se dit, dans l'argot des faubouriens, de toute chose faite avec excès, comme de manger, de boire, etc., et qui pourrait faire éclater un homme,—c'est-à-dire le tuer.
On dit aussi S'en faire péter la sous-ventrière.
- FAIRE PETITE CHAPELLE, v. n. Se chauffer comme ont la pernicieuse habitude de le faire les femmes du peuple, qui s'exposent ainsi à des maladies variqueuses.
- FAIRE PIEDS NEUFS, v. a. Accoucher d'un enfant,—dans l'argot du peuple, qui se souvient, sans l'avoir lu, du livre Ier, chap. VI, de Gargantua.
- FAIRE PLEURER SON AVEUGLE. Meiere,—dans l'argot des faubouriens.
- FAIRE RAMASSER (Se). Se faire arrêter,—dans l'argot des voleurs et des filles.
- FAIRE SA BALLE, v. a. Suivre les instructions ou les conseils de quelqu'un,—dans l'argot des prisons.
- FAIRE SALUER LE POLICHINELLE. Réussir, faire mieux que les autres,—dans l'argot des faubouriens. C'est une allusion aux tirs à l'arbalète des fêtes publiques, où, quand on met dans le mille, on voit sortir et saluer une tête de Turc quelconque.
- FAIRE SA SOPHIE, v. n. Se scandaliser à propos d'une conversation un peu libre, montrer plus de sagesse qu'il ne convient.
On dit aussi Faire sa poire, Faire sa merde, et Faire son étroite,—dans l'argot des voyous.
- FAIRE SAUTER LA COUPE. Battre les cartes de façon à toujours amener le roi,—dans l'argot des grecs.
- FAIRE SAUTER LE SYSTÈME (Se), v. réfl. Se brûler la cervelle,—dans l'argot des faubouriens.
- FAIRE SES CHOUX GRAS DE QUELQUE CHOSE. En faire ses délices, s'en arranger,—dans l'argot des bourgeois.
- FAIRE SES FRAIS, v. a. Emmener un homme du Casino,—dans l'argot des petites dames, à qui leur toilette de combat coûterait bien cher si elles étaient forcées de la payer.
- FAIRE SES FRAIS, v. a. Réussir à plaire à une jolie femme un peu légère,—dans l'argot des libertins, qui sèmeraient en vain leur esprit et leur amabilité s'ils ne semaient en même temps quelques gouttes de «boue jaune».
- FAIRE SES ORGES, v. a. Faire des profits illicites,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE SES PETITS PAQUETS, v. a. Être à l'agonie,—dans l'argot des infirmiers, qui ont remarqué que les malades ramassent leurs draps, les ramènent vers eux instinctivement, à mesure que le froid de la mort les gagne.
- FAIRE SON CAMBRONNE. Cacare,—dans l'argot dédaigneux des duchesses du faubourg Saint-Germain, qui disent cela depuis l'apparition des Misérables de Victor Hugo.
- FAIRE SON DEUIL D'UNE CHOSE. La considérer comme perdue, s'en passer,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE SON MICHAUD, v. a. Dormir,—dans le même argot.
- FAIRE SON TEMPS, v. a. Rester en prison ou au bagne pendant un nombre déterminé de mois ou d'années, à l'expiration duquel on est libre.
—Se dit aussi du Service militaire auquel on est astreint lorsqu'on est tombé à la conscription.
- FAIRE SUER, v. a. Tuer.—dans l'argot des escarpes, qui d'un coup de surin, procurent immédiatement à un homme des sueurs de sang.
—Faire suer un chêne. Tuer un homme.