- FAIRE TOMBER LE ROUGE. Avoir l'inconvénient de la bouche—dans l'argot des comédiens, à qui l'émotion inséparable donne souvent cette infirmité passagère.
- FAIRE UN DIEU DE SON VENTRE, v. a. Ne songer qu'à bien manger et à bien boire,—dans l'argot des bourgeois.
- FAIRE UNE BELLE JAMBE. Ne servir à rien,—dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression ironiquement et à propos de n'importe quoi. Ça lui fait une belle jambe!
La «Belle Heaulmière» de François Villon disait dans le même sens: J'en suis bien plus grasse!
- FAIRE UNE COMMISSION, v. a. Levare ventris onus,—dans l'argot des bourgeoises.
- FAIRE UNE COQUILLE DE BERGERAC, v. a. Se dit,—dans l'argot des tailleurs, quand un ouvrier a fait une pièce dont les pointes de collet ou de revers, au lieu de se courber en dessous, relèvent le nez en l'air et poignardent le ciel.
C'est une plaisanterie de Gascon, maintenant parisiennée.
- FAIRE UNE ENTRÉE DE BALLET, v. a. Entrer quelque part sans saluer,—dans l'argot des bourgeois, amis des bienséances.
- FAIRE UNE FEMME, v. n. Nouer une intrigue amoureuse avec elle,—dans l'argot des étudiants.
- FAIRE UNE FIN, v. n. Se marier,—dans l'argot des viveurs, qui finissent par où les gens rangés commencent, et qui ont lieu de s'en repentir.
- FAIRE UNE MOULURE, v. a. Levare ventris onus,—dans l'argot des menuisiers.
- FAIRE UNE TÊTE (Se). Se grimer d'une manière caractéristique, suivant le type du personnage à représenter. Argot des coulisses.
Got, Mounet-Sully, Paulin Ménier excellent dans cet art difficile.
- FAIRE UN HOMME, v. n. Se faire emmener du bal par un noble inconnu, coiffeur ou banquier. Argot des petites dames.
- FAIRE UN PLI (Ne pas). Aller tout seul,—dans l'argot du peuple.
- FAIRE UN TASSEMENT, v. a. Boire un verre de cognac ou de madère au milieu d'un repas,—dans l'argot des bohèmes.
On dit aussi Faire un trou.
- FAIRE UN TROU A LA LUNE. Faire faillite, enlever la caisse de son patron et se réfugier en Belgique. Argot du peuple.
- FAISANDER (Se), v. réfl. Vieillir,—dans l'argot des faubouriens, qui ne se font aucun scrupule d'assimiler l'homme au gibier.
Ils disent aussi S'avarier.