- GROUIN, s. m. Visage,—dans l'argot des faubouriens, qui n'ont pas le moindre respect pour le «miroir de l'âme».
- GROUMER, v. n. Gronder, murmurer,—dans l'argot des ouvriers qui ont servi dans l'infanterie de marine.
- GRUE, s. f. Femme entretenue, que la Nature a douée d'autant de bêtise que de beauté, et qui abuse de celle-ci pour faire accepter celle-là.
C'est un mot heureux que les gens de lettres ont trouvé là pour répondre à l'insolence des filles envers les honnêtes femmes.
Bécasses! disaient-elles. Grues! leur répond-on.
Mais ce mot, dans ce sens péjoratif, n'est pas né d'hier, il y a longtemps que le peuple l'emploie pour désigner un niais, un sot, un prétentieux.
- GRUERIE, s. f. Bêtise rare,—comme il en sort tant de tant de jolies bouches.
- GRUGER, v. a. Manger le bien de quelqu'un,—dans l'argot du peuple.
Les gens de lettres écrivent grue-ger, par allusion aux mœurs des grues,—ces Ruine-maison!
Grugeur, s. m. Parasite, faux ami qui vous aide à vous ruiner, comme si on avait besoin d'être aidé dans cette agréable besogne.
- GUANO, s. m. Fèces, non pas des phénicoptères des mers du Sud, mais de l'homme,—dans l'argot des faubouriens, qui aiment les facéties grasses et remuent volontiers la lie de l'esprit pour en dégager les parfums nauséabonds au nez des autres et même à leur propre nez.
- GUELTE, s. f. Bénéfice (geld) qu'on abandonne aux commis d'un magasin qui sont parvenus à vendre un objet jugé invendable. Grâce à la faconde des gaudissards modernes, il est rare qu'un rossignol reste sur les rayons, et leur guelte s'en accroît d'autant.
- GUENILLON, s. m. Fille ou femme mal habillée,—dans l'argot des bourgeoises, qui ne tolèrent pas les infractions à la mode.
- GUENON, s. f. Femme laide ou corrompue,—dans l'argot du peuple.
C'est la trot des Anglais.
On dit aussi Guenippe et Guenuche.