L'expression est de Gustave Mathieu.
- JE NE SAIS QUI, s. f. Femme de mœurs plus que légères,—dans l'argot méprisant des bourgeoises.
- JE NE SAIS QUOI, s. m. Qualité difficile à définir; l'inconnue d'un sentiment ou d'un caractère qu'on chercherait en vain à dégager. Argot des gens de lettres.
- JÉRÔME, s. m. Canne, bâton,—dans l'argot du peuple.
- JÉSUITE, s. m. Dindon,—dans l'argot des voleurs, qui doivent employer cette expression depuis l'introduction en France, par les missionnaires, de ce précieux gallinacé, c'est-à-dire depuis 1570.
- JÉSUS, s. m. Innocent,—dans l'argot souvent ironique du peuple.
D'où le grippe-Jésus de l'argot encore plus ironique des voleurs, puisqu'ils appellent ainsi les gendarmes.
- JÉSUS, s. m. «Enfant dressé au vol et à la débauche,»—dans l'argot des voleurs.
- JET, s. m. Canne, jonc,—dans le même argot.
- Jeter, v. n. Suppurer,—dans l'argot du peuple.
- JETER DES PERLES DEVANT LES POURCEAUX, v. a. Dire ou faire de belles choses que l'on n'apprécie point à leur juste valeur,—dans l'argot des bourgeois.
C'est le margaritas antè porcos des Anciens.
- JETER DU CœUR SUR DU CARREAU. Rendre fort incivilement son déjeuner ou son dîner, lorsqu'on l'a pris trop vite ou trop abondant.
- JETER LE MOUCHOIR, v. a. Distinguer une femme et lui faire agréer ses hommages et son cœur,—dans l'argot des vieux galantins.
- JETER SA LANGUE AUX CHIENS, v. a. Renoncer à deviner une chose, à la comprendre,—dans l'argot des bourgeois.
On dit aussi Jeter sa langue aux chats.
- JETER SON BONNET PAR DESSUS LES MOULINS. Dire adieu à la pudeur, à l'innocence, et, par suite au respect des honnêtes gens, et se lancer à cœur perdu dans la voie scabreuse des aventures amoureuses. Argot du peuple.
- JETER SON LEST, v. a. Se débarrasser involontairement du déjeuner ou du dîner dont on s'était lesté mal à propos.
- JETER UN FROID, v. a. Commettre une incongruité parlée, dire une inconvenance, faire une proposition ridicule qui arrête la gaieté et met tout le monde sur ses gardes.
- JETON, s. m. Pièce d'argent,—dans l'argot des faubouriens.
- JEUNE, s. m. Petit enfant ou petit animal,—dans l'argot du peuple.
- JEUNE, adj. Naïf, et même un peu sot.
Quand un ouvrier dit de quelqu'un: Il est trop jeune! cela signifie: il est incapable de faire telle ou telle chose,—il est trop bête pour cela.
- JEUNE-FRANCE, s. m. Variété de Romantique, d'étudiant ou de commis—en pourpoint de velours, en barbe fourchue, en cheveux en broussailles, avec le feutre mou campé sur l'oreille.
- JEUNE HOMME, s. m. Double moos de bière,—dans l'argot des brasseurs parisiens.
- JEUNE HOMME (Avoir son), v. a. Être complètement ivre, de façon à se laisser mater et conduire par un enfant. Argot des faubouriens.