- JOUASSER, v. n. Jouer mal ou sans application, pour passer le temps plutôt que pour gagner une partie.
On dit aussi Jouailler.
- JOUASSON, s. m. Joueur malhabile ou distrait, redouté des véritables joueurs,—qui lui préféreraient volontiers un Grec.
On dit aussi Jouaillon.
- JOUER (se). S'arranger, s'organiser,—dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression à propos d'une foule de choses étrangères à la musique et au jeu. Ainsi, à propos d'un portefeuille à secret, au lieu de dire: Comment cela s'ouvre-t-il? il dira: Comment cela se joue-t-il?
Ce verbe s'emploie dans un autre sens, celui de faire, pour marquer l'étonnement. Comment cela se joue-t-il donc? Tout à l'heure j'avais de l'argent et maintenant je n'en ai plus!
- JOUER A COURIR, v. n. Se défier à la course,—dans l'argot des enfants.
- JOUER A LA MAIN CHAUDE, v. n. Être guillotiné,—dans l'argot des voleurs, qui font allusion à l'attitude du supplicié, agenouillé devant la machine, la tête basse, les mains liées derrière le dos.
- JOUER A LA RONFLE, v. n. Ronfler en dormant,—dans l'argot des faubouriens.
- JOUER COMME UN FIACRE, v. n. Jouer très mal,—dans l'argot du peuple, qui sait que les voitures imaginées, au XVIIe siècle, par Sauvage, sont les plus détestables véhicules du monde.
On dit aussi Jouer comme une huître.
- JOUER DE LA HARPE. S'assurer, comme Tartufe, et dans le même but que lui, auprès d'une femme, que l'étoffe de sa robe est moelleuse.
- JOUER DE QUELQU'UN, v. n. Le mener comme on veut, en tirer soit de l'argent, soit des complaisances de toutes sortes,—dans l'argot de Breda-Street, où l'on joue de l'homme comme Liszt du piano, Paganini du violon, Théophile Gautier de la prose, Théodore de Banville du vers, etc., etc.
- JOUER DES JAMBES, v. a. S'enfuir,—dans l'argot des faubouriens.
- JOUER DEVANT LES BANQUETTES. Jouer devant une salle où les spectateurs ne sont pas nombreux, ainsi que cela arrive fréquemment l'été. Argot des coulisses.
- JOUER DU CœUR. Rejeter les vins ou les viandes ingérés en excès ou mal à propos,—dans l'argot du peuple, à qui les concetti ne déplaisent pas.
Nos aïeux disaient Tirer aux chevrotins.