Le lof est le côté d'un navire qui se trouve frappé par le vent, qui le fait crier. Le loffard, au bagne, est le forçat frappé par une condamnation à perpétuité, et qui gémit comme un enfant sur son sort.
- LOFFAT, s. m. Aspirant compagnon,—dans l'argot des ouvriers.
- LOFFITUDE, s. f. Niaiserie, bêtise.
- LOGE, s. f. Lieu de réunion,—dans l'argot des francs-maçons.
Loge irrégulière. Assemblée de francs-maçons qui ne sont pas réguliers et avec lesquels on ne doit pas fraterniser.
- LOGE INFERNALE, s. f. Petite loge d'avant-scène, où se mettent par tradition, les gandins,—imitateurs serviles des lions.
Se dit aussi des Premières chaises du premier rang, aux concerts en plein vent comme ceux des Champs-Elysées.
- LOGER AUX QUATRE VENTS, v. n. Demeurer dans une maison mal close, où le vent entre comme chez lui.
- LOGER RUE DU CROISSANT, v. n. Avoir pour femme une drôlesse qui donne dans le contrat autant de coups de canif qu'il y a de jours dans l'année.
- LOIR, s. m. Homme paresseux, dormeur, ami de ses aises,—dans l'argot du peuple, qui sait que cette sorte de gens, comme le mus nitela, mange les meilleurs fruits des espaliers et de la vie: d'où le vieux verbe loirer, pour dérober, voler.
- LOLO, s. m. Lait,—dans l'argot des enfants.
- LOLOTTE, s. f. Fille ou femme qui aime pour vivre au lieu de vivre pour aimer. Argot des faubouriens.
- LOMBARD, s. m. Commissionnaire au Mont-de-Piété,—dans l'argot des ouvriers qui ont travaillé avec les Belges; car c'est en effet le nom qu'on donne à Bruxelles, au Grand-Mont-de-Piété, et ce nom a sa valeur historique.
- LONDRÈS, s. m. Cigare de vingt-cinq centimes de la Havane,—ou d'ailleurs.
- LONGCHAMP, s. m. Procession plus ou moins considérable de gens,—dans l'argot du peuple, qui consacre ainsi le souvenir d'une mode dont on ne parlera plus dans quelques années.
- LONGCHAMP, s. m. Promenade favorite,—dans l'argot des Polytechniciens. C'est une cour oblongue, bordée d'une file de cabinets dont nous laissons deviner la destination, et où les élèves viennent fumer et causer pendant les heures d'étude.
- LONG DU MUR (Le). Avec son argent,—dans l'argot du peuple.
Pour bien comprendre cette expression pittoresque si fréquemment employée, je veux citer la réponse que me fit un jour un coiffeur:
«Combien gagnez-vous chez votre patron?—Trois francs par jour.—Alors vous êtes nourri?—Nourri et blanchi, oui... le long du mur!»
- LONGE, s. f. Année,—dans l'argot des voleurs, qui tirent volontiers dessus lorsqu'ils sont en prison.
- LONGÉ, adj. Agé.
- LONGIS, s. et adj. Homme nonchalant, lent à faire ce qu'il entreprend. Argot du peuple.
On dit aussi Saint Longin.