Ce mot nous vient d'Angleterre.
- LIONCEAU, s. m. Apprenti lion,—garçon tailleur qui cherche à se faire passer pour le comte d'Orsay ou pour Brummel, et qui réussit rarement, le goût étant une fleur rare comme l'héroïsme.
- LIONNE, s. f. Femme à la mode—il y a trente ans. C'était «un petit être coquet, joli, qui maniait parfaitement le pistolet et la cravache, montait à cheval comme un lancier, prisait fort la cigarette et ne dédaignait point le champagne frappé.» Aujourd'hui, mariée ou non, grande dame ou petite dame, la lionne se confond souvent avec celle qu'on appelle drôlesse.
- LIONNERIE, s. f. Haute et basse fashion.
- LIPPE, s. f. Moue, grimace,—dans l'argot du peuple.
Faire sa lippe. Bouder.
- LIPPÉE, s. f. Simple bouchée; repas insuffisant.
Franche lippée. Repas copieux.
- LIPPER, v. n. Courir de cabaret en cabaret, y manger,—et surtout y boire.
- LIQUIDE, s. f. Apocope de Liquidation,—dans l'argot des coulissiers.
- LIQUIDE, s. m. Vin,—dans l'argot du peuple, qui fait semblant d'ignorer qu'il existe d'autres corps aqueux.
Avoir absorbé trop de liquide. Être ivre.
- LIRE AUX ASTRES, v. n. Muser, faire le gobe-mouches; regarder en l'air au lieu de regarder par terre,—comme l'astrologue de la fable.
- LISETTE, s. f. Gilet long,—dans l'argot des voleurs.
- LITHOGRAPHIER (Se). Tomber par terre,—dans l'argot des faubouriens, qui savent que lorsqu'on tombe, on a le visage désagréablement impressionné par la pierre.
- LITRER, v. a. Avoir, posséder,—dans l'argot des voleurs. V. Itrer.
- LITRON, s. m. Litre douteux servi dans un pot qui n'a pas toujours la contenance légale. Argot du peuple.
- LITTÉRATURE JAUNE, s. f. Le Réalisme,—une maladie ictérique désagréable qui a sévi avec assez d'intensité dans les rangs littéraires il y a une dizaine d'années, et dont a été particulièrement atteint Champfleury, aujourd'hui (1867) presque guéri.
L'expression, fort juste, appartient à Hippolyte Babou.
- LITTÉRATURIER, s. m. Mauvais écrivain,—dans l'argot des gens de lettres.
- LIVRE ROUGE, s. m. Les registres du Dispensaire,—dans l'argot des filles.
- LIVRAISON DE BOIS DEVANT SA PORTE (Avoir une), v. a. Se dit,—dans l'argot des faubouriens, d'une femme richement avantagée par la Nature.
- LIVRE D'ARCHITECTURE, s. m. Registre qui contient les procès-verbaux d'une loge,—dans l'argot des francs-maçons.
- LIVRE DES ROIS, s. m. Jeu de cartes. Argot des faubouriens.
- LOCANDIER, s. m. Variété de voleur au bonjour.
- LOCATIS, s. m. Cheval de louage,—dans l'argot des commis de nouveautés, à qui leurs moyens défendent les pur-sang.
- LOCHE, s. f. Paresseux, gras, mou,—dans l'argot du peuple, qui emploie ce mot au propre et au figuré, par allusion à la limace, grise ou rouge, qu'on voit se traîner, visqueuse, par les sentiers.
- LOCHE, s. f. Oreille,—dans l'argot des voleurs.
- LOCHER, v. a. et n. Ecouter.
- LOCHER, v. n. Branler, être près de tomber,—dans l'argot du peuple.
- LOCOMOTIVE, s. f. Fumeur acharné,—dans l'argot des bourgeois, qui, sans s'en douter emploient là une expression de l'argot des voleurs anglais: Steamer.
- LOFFARD ou Loff, s. et adj. Innocent, niais, pleurard,—dans l'argot des comédiens, qui ne se doutent pas qu'ils ont emprunté ce mot à l'argot des forçats, qui l'ont emprunté eux-mêmes à l'argot des marins.