On a écrit Maca au XVIe siècle.

Il est regrettable que Francisque Michel n'ait pas cru devoir éclairer de ses lumières philologiques les ténèbres opaques de ce mot, aussi intéressant que tant d'autres auxquels il a consacré des pages entières de commentaires. Pour un homme de son érudition, l'étymologie eût été facile à trouver sans doute, et les ignorants comme moi n'en seraient pas réduits à la conjecturer.

Il y a longtemps qu'on emploie cette expression; les documents littéraires dans lesquels on la rencontre sont nombreux et anciens déjà; mais quel auteur, prosateur ou poète, l'a employée le premier et pourquoi l'a-t-il employée? Est-ce une corruption du mæchus d'Horace («homme qui vit avec les courtisanes,» mœcha, fille)? Est-ce le μαχρος [grec: machros] grec, conservé en français avec sa prononciation originelle et son sens natif (grand, fort) par quelque helléniste en bonne humeur? Est-ce une contraction anagrammatisée ou une métathèse du vieux français marcou (matou, mâle)? Est-ce enfin purement et simplement une allusion aux habitudes qu'ont eues de tout temps les souteneurs de filles de se réunir par bandes dans des cabarets ad hoc, par exemple les tapis-francs de la Cité et d'ailleurs, comme les maquereaux par troupes, par bancs dans les mers du Nord? Je l'ignore,—et c'est précisément pour cela que je voudrais le savoir; aussi attendrai-je avec impatience et ouvrirai-je avec curiosité la prochaine édition des Etudes de philologie de Francisque Michel.

Au XVIIIe siècle, on disait Croc de billard, et tout simplement Croc,—par aphérèse.

On prononce Macrotage.

On prononce Macroter.