- MUFFLE, s. et adj. Imbécile, goujat, brutal.
M. Francisque Michel à qui les longs voyages ne font pas peur, s'en va jusqu'à Cologne chercher une étymologie probable à cette expression, et il en rapporte muf et mouf,—afin qu'on puisse choisir. Je choisis muffle, tout naturellement, autorisé que j'y suis par un trope connu de tous les philologues, la synecdoque, par lequel on transporte à l'individu tout entier le nom donné à une partie de l'individu.
- MUFFLE, s. m. Ouvrier,—dans l'argot des filles, qui n'aiment pas la blouse.
- MUFFLERIE, s. f. Sottise, niaiserie; brutalité.
On dit aussi Muffletonnerie.
- MUFFLETON, s. m. Petit muffle, jeune imbécile.
Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'on prononce Muffeton.
- MULET, s. m. Ouvrier qui aide le metteur en page,—dans l'argot des typographes.
- MURETTE, s. f. La giroflée des murailles,—dans l'argot des paysans des environs de Paris.
- MURGÉRISME, s. m. Littérature mal portante, marmiteuse, pleurarde; affectation de sensibilité; exagération du style et de la manière d'Henry Murger,—dont les imitateurs n'imitent naturellement que les défauts.
- MURGÉRISTE, s. et adj. Qui appartient à l'école de Murger, qui en a les défauts sans en avoir les qualités.
- MURON, s. m. Sel,—dans l'argot des voleurs.
- MURONNER, v. a. Saler.
- MURONNIER, s. m. Saunier.
- MURONNIÈRE, s. f. Salière.
- MUSARD, s. et adj. Flâneur, gobe-mouche,—dans l'argot du peuple.
Nous avons, en vieux langage, Musardie pour Sottise.
- MUSARDER, v. n. Flâner.
On dit aussi Muser.