- ŒIL, s. m. Le podex,—dans l'argot des faubouriens facétieux.
Crever l'œil à quelqu'un. Lui donner un coup de pied au derrière.
- ŒIL (Avoir l'). Faire bonne garde autour d'une personne ou d'une chose.
On dit aussi Ouvrir l'œil.
- ŒIl (Faire de l'). Donner à penser des choses fort agréables aux hommes,—dans l'argot des petites dames; regarder langoureusement ou libertinement les femmes, dans l'argot des gandins.
- ŒIL AMÉRICAN (Avoir l'). Voir très clair là où les autres voient trouble,—dans l'argot du peuple, qui a peut-être voulu faire allusion aux romans de Cooper et rappeler les excellents yeux de Bas-de-Cuir, qui aurait vu l'herbe pousser.
- ŒIL BORDÉ D'ANCHOIS, s. m. Aux paupières rouges et décillées,—dans l'argot des faubouriens.
- ŒIL DE Bœuf, s. m. Pièce de cinq francs.
- ŒIL DE VERRE, s. m. Lorgnon.
- ŒIL EN COULISSE, s. m. Regard tendre et provocateur,—ce que Sénèque appelle en son langage sévère oculorum fluxus.
Faire les yeux en coulisse. Regarder amoureusement quelqu'un.
- ŒIL EN TIRELIRE, s. m. Regard chargé d'amour, provocateur, à demi clos.
- ŒIL MARÉCAGEUX, s. m. Regard langoureux, voluptueux,—dans l'argot des petites dames.
- OFFICIER, s. m. Garçon d'office,—dans l'argot des limonadiers.
- OFFICIER DE LOGE, s. m. Frère chargé d'un office,—dans l'argot des francs-maçons.
- OFFICIER DE TOPO, s. m. Homme qui triche au jeu de la bassette,—dans l'argot des joueurs.
On dit aussi Officier de tango.
- OGNON, s, m. Grosse montre, de forme renflée comme un bulbe,—dans l'argot du peuple, ami des mots-images.
On remarquera que, contrairement à l'orthographe officielle, j'ai écrit ognon et non oignon. Pour deux raisons: la première, parce que le peuple prononce ainsi; la seconde, parce qu'il a raison, oignon venant du latin unio. J'ai même souvent entendu prononcer union.