- BATTRE MORASSE, v. n. Crier au voleur, pour empêcher le volé d'en faire autant. Argot des prisons.
- BATTRE SA FLÈME, v. n. Flâner,—dans l'argot des voyous.
- BATTRE SON QUART, v. n. Raccrocher les passants, le soir à la porte des maisons mal famées,—dans l'argot des filles et de leurs souteneurs.
- BAUCE ou Bausse, s. m. Patron,—dans l'argot des revendeuses du Temple. C'est le baes flamand.
Bauceresse. Patronne.
Bauce fondu. Ouvrier qui s'est établi, a fait de mauvaises affaires et est redevenu ouvrier.
- BAUCHER (Se), v. réfl. Se moquer, dans l'argot des voleurs.
- BAUDE, s. f. Mal de Naples,—dans l'argot des voleurs parisiens.
- BAUDROUILLER, v. n. Filer,—dans le même argot.
Se dit aussi pour Fouet, s. m.
- BAUGE, s. f. Coffre,—dans l'argot des voleurs, qui ne craignent pas d'emprunter des termes aux habitudes des sangliers, qui sont aussi les leurs.
- BAUGE, s. f. Ventre,—dans le même argot.
- BAUME D'ACIER, s. m. Les outils du chirurgien et du dentiste,—dans l'argot du peuple, qui ne se doute pas que l'ancienne pharmacopée a eu, sous ce nom-là, un remède composé de limaille d'acier et d'acide nitrique.
- BAVARD, s. m. Avocat.
- BAVARD, s. f. La bouche.—dans l'argot des voleurs.
- BAVER, v. n. Parler,—dans l'argot des faubouriens.
- BAYAFER, v. a. Fusiller,—dans l'argot des voleurs parisiens, qui ont emprunté cette expression aux voleurs du Midi, lesquels appellent un pistolet un bayafe ou baillaf, comme l'écrit M. Francisque Michel.
- BAZAR, s. m. Maison où les maîtres sont exigeants,—dans l'argot des domestiques paresseux; maison quelconque,—dans l'argot des faubouriens; maison de filles,—dans l'argot des troupiers.
- BAZAR, s. m. Ensemble d'effets mobiliers,—dans l'argot de Breda-Street.
- BAZARDER, v. a. Vendre, trafiquer.
Bazarder son mobilier. S'endéfaire, l'échanger contre un autre.
- BEAU, s. m. Le gandin du premier Empire, avec cette différence que, s'il portait un corset, au moins avait-il quelque courage dessous.
Ex-beau. Elégant en ruines, d'âge et de fortune.
- BEAU BLOND, s. m. Le soleil,—dans l'argot des voleurs, qui ne se doutent pas qu'ils font là de la mythologie grecque.
- BÉBÉ, s. m. Costume d'enfant (baby), que les habituées des bals publics ont adopté depuis quelques années.
- BÉBÉ (Mon). Petit terme de tendresse employé depuis quelques années par les petites dames envers leurs amants, qui en sont tout fiers,—comme s'il y avait de quoi!
- BÉBÈTE, s. f. Bête quelconque,—dans l'argot des enfants.
- BEC, s. m. Bouche,—dans l'argot des petites dames.
- BÉCASSE, s. f. Femme ridicule,—dans le même argot.
- BÉCHER, v. a. Médire et même calomnier, dans l'argot des faubouriens, qui ne craignent pas de donner des coups de bec à la réputation du prochain.
- BÉCHEUR, s. m. Le Ministère public, l'Avocat général. Argot des voleurs.
- BÉCOT, s. m. Bouche,—dans l'argot des mères et des amoureux.