- PÉPIN, s. m. Vieux parapluie,—dans l'argot des faubouriens.
On dit aussi Rifflard.
- PÉPIN, s. m. Enfant—dans l'argot des fantaisistes qui ont lu Shakespeare (Conte d'Hiver).
De l'enfant-pépin sort en effet l'homme-arbre.
- PERCER D'UN AUTRE (En). Raconter une autre histoire; faire une plaisanterie d'un meilleur tonneau.
- PERCHER, v. n. Habiter, loger au hasard,—dans l'argot des bohèmes, qui changent souvent de perchoir, et qui devraient bien changer plus souvent de chemise.
- PERDRE LE GOUT DU PAIN. Mourir,—dans l'argot du peuple.
Faire perdre à quelqu'un le goût du pain. Le tuer.
- PERDRE LE NORD, v. a. Se troubler; s'égarer; dire des sottises ou des folies,—dans l'argot du peuple, qui n'a pas inventé pour rien le mot boussole.
Autrefois on disait Perdre la tramontane, ce qui était exactement la même chose, tramontane étant une corruption de transmontane (transmontanus, ultramontain, au delà des monts, d'où nous vient la lumière).
- PERDRE SES BAS. Ne plus savoir ce que l'on fait, par distraction naturelle ou par suite d'une préoccupation grave.
- PERDRE SON BATON. Mourir,—dans l'argot des faubouriens, qui disent cela probablement par allusion au bâton, ressource unique des aveugles pour marcher droit.
- PERDRE UN QUART, v. a. Aller au convoi d'un camarade,—dans l'argot des tailleurs, qui, pendant qu'ils y sont, perdent bien toute la journée.
- PERDU (L'avoir). N'avoir plus le droit de porter à son corsage le bouquet de fleurs d'oranger symbolique. Argot des bourgeois.
On dit de même, en parlant d'une jeune fille vierge: Elle l'a encore. Je n'ai pas besoin d'ajouter que, dans l'un comme dans l'autre cas, il s'agit de Pucelage.