D'où vient cette expression? S'il faut en croire M. J. Duflot, elle viendrait de l'argot des comédiens et sortirait de l'Aveugle de Montmorency, une pièce oubliée. Dans cette pièce, l'acteur qui jouait le rôle de l'aveugle, tenant à ne pas s'endormir, avait armé l'extrémité de son bâton d'une pointe de fer qui, par suite du mouvement d'appesantissement de sa main, en cas de sommeil, devait piquer son caniche placé entre ses jambes, et chaque fois que son chien grognait, c'est qu'il avait piqué son chien, c'est-à-dire qu'il s'était laissé aller au sommeil.
- PIQUER UN CINABRE, v. n. Rougir subitement, du front aux oreilles et des oreilles aux mains. Argot des artistes.
- PIQUER UN SOLEIL, v. n. Rougir subitement,—dans l'argot du peuple.
- PIRONIEN, adj. et s. Homme enclin à la gaieté comme les Byroniens à la tristesse; disciple de Lord Piron, le poète gaillard. Argot des gens de lettres.
- PIRONISME, s. m. La gaie science—où excellait Piron.
- PIS, s. m. La gorge de la femme,—dans l'argot malséant du peuple:
«Les femmes, plus mortes que vives,
De crainte de se voir captives,
Et de quelque chose de pis
De la main se battent le pis.»
dit Scarron dans son Virgile travesti.
- PISSAT, s. m. Résultat du verbe Meiere.
- PISSAT DE VACHE, s. m. Mauvaise bière.
- PISSE-FROID, s. m. Homme lymphatique, tranquille qui ne se livre pas volontiers,—dans l'argot du peuple, ennemi des flegmatiques.
- PISSER (Envoyer). Congédier brutalement un ennuyeux.
On dit aussi Envoyer chier.
- PISSER A L'ANGLAISE, v. n. Disparaître sournoisement au moment décisif.
- PISSER AU CUL DE QUELQU'UN, v. a. Le mépriser.—dans l'argot des voyous.
- PISSER CONTRE LE SOLEIL, v. n. Faire des efforts inutiles, se tourmenter vainement.