- POINT GAMMA. Epoque des examens de fin d'année,—dans l'argot des Polytechniciens, pour qui c'est le temps de l'équinoxe c'est-à-dire celui où le travail de nuit est égal à celui du jour.
- POINT M, s. m. Expression en usage à l'Ecole polytechnique, et qui sert à indiquer la limite dans laquelle on accepte, soit des faits, soit des idées. Ainsi, quand un élève demande à un autre: «Aimes-tu la tragédie?—Euh! répond l'autre, je l'aime jusqu'au point M.»
- POINT Q, s. m. Le derrière humain,—dans l'argot des Polytechniciens.
- POINTU, s. et adj. Homme qui ne plaisante pas volontiers, désagréable à vivre,—dans l'argot du peuple.
- POINTU, s. m. Evêque,—dans l'argot des voyous.
- POINTU, s. m. Clystère,—dans l'argot des bourgeois.
- POIQUE, s. m. Auteur, faiseur de pièces ou de romans. Argot des voleurs.
- POISON, s. f. Femme désagréable, ou de mauvaises mœurs,—dans l'argot du peuple, qui trouve cette polio amère à boire et dure à avaler.
- POISSARDE, s. f. Femme grossière,—dans l'argot des bourgeoises, qui n'aiment pas les gens «un peu trop forts en gueule».
- POISSE, s. m. Voleur,—dans l'argot des voyous.
- POISSER, v. a. Voler.
Poisser des philippes. Dérober des pièces de cinq francs.
- POISSER (Se), v. réfl. S'enivrer,—dans l'argot des faubouriens.
- POISSON, s. m. Grand verre d'eau-de-vie, la moitié d'un demi-setier,—dans l'argot du peuple.
Vieux mot certainement dérivé de pochon, petit pot, dont on a fait peu à peu poichon, posson, puis poisson.
- POISSON, s. m. Entremetteur, souteneur, maquereau.
- POISSON D'AVRIL, s. m. Mauvaise farce, attrape presque toujours de mauvais goût, comme il est encore de tradition d'en faire, chez le peuple le plus spirituel de la terre, le 1er avril de chaque année,—sans doute en commémoration de la Passion de Jésus-Christ.
- POISSON FRAYEUR, s. m. Souteneur de filles,—dans l'argot des marbriers de cimetière, qui ont observé que ces sortes de gens frayaient volontiers, eux pas fiers!
- POITOU, adj. Point, non, nullement,—dans l'argot des voleurs.
- POITOU, s. m. Le public,—dans le même argot.
- POITRINAIRE, adj. Femme qui a beaucoup de gorge. Argot dupeuple.
- POIVRE, s. m. Poisson de mer, parce que salé,—dans le mêmeargot, parfois facétieux.
- POIVRE, adj. Complètement ivre,—dans l'argot des faubouriens, habitués à boire des vins frelatés et des eaux-de-vie poivrées.
Être poivre. Être abominablement gris.
- POIVRE ET SEL (Être). Avoir les cheveux moitié blancs et moitié bruns,—dans l'argot du peuple.
Se dit aussi de la barbe.
- POIVREMENT, s. m. Payement, compte,—dans l'argot des voleurs.
- POIVRER, v. a. Payer.
- POIVRER, v. a. Charger une note, une addition,—dans l'argot des consommateurs.
C'est poivré! C'est cher.