L'expression, quoique injurieuse pour une nation héroïque, mérite d'être conservée, d'abord parce qu'elle est passée dans le sang de la langue parisienne, qui s'en guérira difficilement; ensuite parce qu'elle est, à ce qu'il me semble, une date, une indication historique et topographique. Ne sort-elle pas, en effet, de l'ancienne rue d'Errancis,—depuis rue du Rocher,—au haut de laquelle était le fameux cabaret-guinguette dit de la Petite-Pologne, et ce cabaret n'avait-il pas été fondé vers l'époque du démembrement de la Pologne?
- POLONAIS, s. m. Epouvantail dont on menace les perturbateurs dans les maisons suspectes, mais tolérées. Quand la dame du lieu, à bout de prières, parle de faire descendre le Polonais, le tapage s'apaise comme par enchantement. «Et le plus souvent, dit l'auteur anonyme moderne auquel j'emprunte cette expression, le Polonais n'est autre qu'un pauvre diable sans feu ni lieu, recueilli par charité et logé dans les combles de la maison.»
- POLYTECHNICIEN, s. m. Elève de l'Ecole polytechnique,—dans l'argot des bourgeois.
- POLYTECHNIQUE, s. m. Polytechnicien,—dans l'argot du peuple.
- POMAQUER, v. a. Perdre,—dans l'argot des voleurs.
Être pomaqué. Être arrêté.
- POMMADER, v. a. Battre quelqu'un,—dans l'argot des faubouriens, qui peignent ainsi les gens.
- POMMADER, v. a. Amadouer, peloter.
- POMMADER (Se). Se saoûler.
- POMMADIN, s. m. Coiffeur. Signifie aussi ivrogne.
- POMMADIN, s. m. Gandin, imbécile musqué,—dans l'argot du peuple.
L'expression a été employée pour la première fois en littérature par M. Fortuné Calmels.
- POMME, s. f. Tête,—dans l'argot des faubouriens.
Pomme de canne. Figure grotesque, physionomie bouffonne.
- POMMÉ, - ÉE. Excessif, exorbitant, remarquable.
Bêtise pommée. Grande ou grosse bêtise.
C'est pommé! C'est réussi à souhait.