- PONANTE, s. f. Fille publique,—dans l'argot des voleurs.
- PONCIF, s. m. «Formule de style, de sentiment, d'idée ou d'image, qui, fanée par l'abus, court les rues avec un faux air hardi et coquet.»
L'expression, ainsi définie par Xavier Aubryet, est de l'argot des peintres et des gens de lettres.
Faire poncif. Travailler, peindre, écrire sans originalité.
- PONDEUSE, adj. et s. Femme féconde,—dans l'argot du peuple.
- PONDRE SUR SES œUFS, v. n. S'enrichir encore, quand on est déjà suffisamment riche.
- PONDRE UN œUF, v. a. Déposer discrètement, le long d'un mur ou d'une haie, le stercus humain,—dans l'argot du peuple, ami de toutes les plaisanteries qui roulent sur les environs du périnée.
On connaît cette anecdote: Une bonne femme était accroupie, gravement occupée à remplir le plus impérieux de tous les devoirs, car omnes cacant, etiam reges; passe le curé, elle le reconnaît, et, confuse, veut se relever pour lui faire sa révérence; mais le saint homme, l'en empêchant de la voix et de la main, lui dit en souriant: «Restez, ma mie, j'aime mieux voir la poule que l'œuf.»
- PONIFLE, s. f. Fille publique,—dans l'argot des voleurs.
Ils disent aussi Magnuce et Ponisse.
- PONIFLE, s. f. Femme,—dans l'argot des voyous.
- PONIFLER, v. a. Aimer.
- PONSARDISER, v. a. Ennuyer les gens,—dans l'argot des gens de lettres, qui ont gardé rancune à l'auteur de Lucrèce et d'Agnès de Méranie.
- PONT, s. m. Congé que s'accorde l'employé pour joindre deux autres congés qui lui ont été accordés par ses chefs ou par le calendrier.
Faire le pont. Ne pas venir au bureau le samedi ou le lundi, lorsqu'il y a fête ou congé le vendredi ou le mardi.
- PONT D'AVIGNON, s. m. Fille publique,—dans l'argot des gens de lettres.
- PONTER, v. n. Payer,—dans l'argot des bohèmes.
- PONTES POUR L'AF, s. f. pl. «Galerie des étouffoirs, fripons réunis,»—dit Vidocq.
- PONTEUR, s. m. Entreteneur, miché.
- PONTIFE, s. m. Patron, maître,—dans l'argot des cordonniers.
- PONTONNIÈRE, s. f. Fille de mauvaises mœurs qui exerce sous les ponts.
- POPOTE, s. f. Cuisine,—dans l'argot des troupiers, qui ont trouvé là une onomatopée heureuse: le clapotement du bouillon dans le pot-au-feu, des sauces dans les casseroles, etc.