- PUNAISE, s. f. Fleur de lit,—dans l'argot des voyous, qui ne sont pas précisément légitimistes.
- PUNAISE, s. f. Femme hargneuse, acariâtre, puante de méchanceté,—dans l'argot du peuple, qui ne se doute pas qu'il se sert là de l'expression même employée par le prince des poètes latins: Cimex, dit Horace.
- PUNAISIÈRE, s. f. Café borgne, caboulot spécialement hanté par des gigolettes et leurs gigolos.
- PUNAISIN, adj. et s. Homme dont le corps ou les vêtements sont nidoreux.
Tabourot a donné ce nom a une de ses victimes.
- PUR, s. m. Homme sévère et injuste; Prudhomme politique ou philosophique intraitable, qui n'admet pour honnêtes que ceux qui partagent ses opinions, pour philosophes que ceux qui avec Strauss nient la divinité de Jésus, pour républicains que ceux qui avec Alibaud ont un peu tiré sur le Roi. Le type existe à côté des plus nobles et des plus généreux, comme le bouledogue à côté du caniche, comme le loup à côté du lion. J'aurais regretté d'oublier ce mot et ce type—modernes.
- PURÉE, s. f. Cidre,—dans l'argot des voleurs.
- PURÉE DE MARRONS, s. f. Meurtrissures du visage,—dans l'argot des faubouriens.
Faire de la purée de marrons. Appliquer un vigoureux coup de poing en pleine figure.
- PURGATION, s. f. Plaidoyer,—dans l'argot des voleurs.
- PUR-SANG, s. m. Vin rouge naturel, sans addition d'eau ni d'alcool,—dans l'argot des cabaretiers.
- PUR-SANG, s. m. Cheval de race,—dans l'argot du Jockey-Club.
- PUR-SANG, s. f. Fille entretenue et qui mérite de l'être à cause de sa beauté—et de ses vices. Argot des viveurs.
- PUT! Interj. qui sert à marquer, soit le doute, soit le mépris,—plus souvent encore le mépris que le doute.
- PUTAIN, s. f. Femme qui vend l'amour—ou qui le donne trop facilement. Argot du peuple.
L'expression est vieille, comme la légèreté du sexe féminin. Il n'est peut-être pas un seul poète français—un ancien—qui ne s'en soit servi.
Putain comme chausson. Extrêmement débauchée.
On dit aussi en parlant d'un Homme dont l'amitié est banale: C'est une putain.
Avoir la main putain. Donner des poignées de main à tout le monde, même à des inconnus.
- PUTASSIER, s. et adj. Libertin.
- PUTINER, v. n. Courir les gueuses.
- PUTINERIE, s. f. Libertinage,—en parlant des femmes. Amitié banale,—en parlant des hommes.
- PUTIPHARISER, v. a. Essayer de séduire un jouvenceau,—dans l'argot de Breda-Street. Le mot date de 1830 et de Pétrus Borel.