Bogue en plâtre. Montre en argent.
- BOGUISTE, s. m. Horloger.
- BOHÈME, s. f. Etat de chrysalide,—dans l'argot des artistes et des gens de lettres arrivés à l'état de papillons. Purgatoire pavé de créanciers, en attendant le Paradis de la Richesse et de la Députation; vestibule des honneurs, de la gloire et du million, sous lequel s'endorment—souvent pour toujours—une foule de jeunes gens trop paresseux ou trop découragés pour enfoncer la porte du Temple.
- BOHÈME, s. m. Paresseux qui use ses manches, son temps et son esprit sur les tables des cafés littéraires et des parlottes artistiques, en croyant à l'éternité de la jeunesse, de la beauté et du crédit, et qui se réveille un matin à l'hôpital comme phthisique ou en prison comme escroc.
Ce mot et le précédent sont vieux,—comme la misère et le vagabondage. Ce n'est pas à Saint-Simon seulement qu'ils remontent, puisque, avant le filleul de Louis XIV, Mme de Sévigné s'en était déjà servie. Mais ils avaient disparu de la littérature: c'est Balzac qui les a ressuscités, et après Balzac, Henri Murger—dont ils ont fait la réputation.
- BOIRE DU LAIT, v. a. Avoir un joli succès, dans l'argot des comédiens, assez chats.
- BOIRE UNE GOUTTE, v. a. Être sifflé,—dans le même argot.
Payer une goutte. Siffler.
- BOIS POURRI, s. m. Amadou, dans l'argot des voyous.
- BOISSEAU, s. m. Schako,—dans l'argot des vieux troupiers.
- BOISSONNER, v. n. Boire plus que de raison.
- BOISSONNIER, s. m. Ivrogne.
- BOIS-TORTU, s. m. Vigne,—dans l'argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot aux poètes du XVIIe siècle.
- BOITE, s. f. Théâtre de peu d'importance,—dans l'argot des comédiens; bureaux de ministère,—dans l'argot des employés; bureau de journal,—dans l'argot des gens de lettres; le magasin ou la boutique,—dans l'argot des commis.
- BOITE A CORNES, s. f. Chapeau, coiffure quelconque,—dans l'argot des faubouriens.
- BOITE AU LAIT, s. f. La gorge,—dans l'argot du peuple, qui se souvient de sa nourrice.
- BOITE A DOMINOS, s. f. Cercueil, —dans l'argot des faubouriens.
- BOITE A SURPRISES, s. f. La tête d'un homme de lettres. Argot des voleurs.
- BOITE AU SEL, s. f. La tête, siège de l'esprit. Argot des faubouriens.
Avoir un moustique dans la boîte au sel. Être un peu fou, un peu maniaque.
- BOITE AUX CAILLOUX, s. f. Prison. Même argot.
- BOITE DE PANDORE, s. f. Boîte dans laquelle les voleurs renferment la cire à prendre les empreintes,—et de laquelle sortent tous les mots qu'ils ont avec la justice.
- Boiter des chasses, v. n. Être borgne ou être affecté de strabisme,—dans l'argot des voleurs, qui se sont rencontrés ici dans la même image avec l'écrivain qui a dit le premier, à propos d'Esope, qu'il louchait de l'épaule.
- BOLIVAR, s. m. Chapeau,—dans l'argot du peuple, qui ignore peut-être que c'est le nom de l'émancipateur des colonies espagnoles, et qui le donne indistinctement à tout couvre-chef, de feutre ou de paille, rond ou pointu, parce que c'est une habitude pour lui, depuis la Restauration.
- BOMBÉ, adj. et s. Bossu.
- BON, s. m. Homme sur lequel on peut compter,—dans l'argot du peuple, à qui l'adjectif ne suffisait pas, paraît-il.
- BONBONNIÈRE A FILOUS, s. f. Omnibus,—dans l'argot des voyous, qui savent mieux que personne avec quelle facilité on peut barboter dans ces voitures publiques.
- BON CHEVAL DE TROMPETTE, s. m. Homme qui ne s'effraye pas aisément, dans l'argot du peuple.
- BON DIEU, s. m. Sabre,—dans l'argot des fantassins.
- BONDY-SOUS-MMERDE, n. d. l. Le village de Bondy, à cause du dépotoir. Argot des faubouriens.
Autrefois on disait Pantin-sur-Merde.
- BONHOMME, s. m. Saint,—dans l'argot des voleurs, et du peuple.
- BONICARD, s. m. Vieil homme,—dans l'argot des voleurs.