- SOUS-OFF, s. m. Apocope de Sous-Officier,—dans l'argot des troupiers.
- SOUS PRESSE (Être). Être occupée,—dans l'argot de Breda-Street.
- SOUSSOUILLE, s. et adj. Débauché, ivrogne, arsouille,—dans l'argot des faubouriens.
- SOUTADOS, s. m. Pièce de cinq centimes.
- SOUTE AU PAIN, s. f. L'estomac,—dans l'argot des ouvriers qui ont servi dans l'infanterie de marine.
Les ouvriers anglais ont la même expression: Bread-basket (panier au pain), disent-ils.
- SOUTELLAS, s. m. Cigare d'un sou,—dans l'argot des voyous qui ont voulu se moquer des panatellas.
- SOUTENANTE, s. f. Canne,—dans l'argot des voleurs.
- SOUTENEUR, s. m. Homme qui vit aux dépens des filles,—dans l'argot du peuple.
- SOUTIRER AU CARAMEL, v. a. Tirer de l'argent de quelqu'un en employant la douceur.
- SPECK, s. m. Lard,—dans l'argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot à la langue allemande.
- SPEECH, s. m. Discours, bavardage,—dans l'argot du peuple et des gens de lettres.
- SPER, s. m. Carreau dont on vient de se servir, mais qui possède encore assez de chaleur pour être de nouveau utilisé.
Expression de l'argot des tailleurs.
- SPHINX, s. m. Mets imaginaire comme le monstre auquel fut forcé de répondre Œdipe, et qu'on demande facétieusement dans certains restaurants qui prétendent avoir de tout. Alphonse Karr, ou Méry, eut un jour la curiosité d'en exiger;—«Nous venons de donner la dernière portion,» lui répondit tranquillement le garçon. Léon Gozlan fut plus heureux, ou plus malheureux; il en demanda—et on lui en servit.
- SPICKEL, s. f. Épée de fantaisie,—dans l'argot des Polytechniciens, qui l'achètent ordinairement chez le marchand qui porte ce nom, et dont le magasin est rue Saint-Honoré, ou rue Richelieu.
- SPIRITE, s. et adj. Homme qui ne croit peut-être pas à Dieu mais qui croit aux esprits, afin de prouver l'insanité du sien.
- SPIRITISME, s. m. Dada, à l'usage des gens sérieux qui tiennent à passer pour grotesques. Ils évoquent Voltaire et ils le font parler comme Eugène de Mirecourt.
- SPORT, s. m. Science de la haute vie et des nobles amusements, courses, paris, etc.,—dans l'argot des anglomanes.
- SPORTIF, IVE, adj. Qui a rapport aux choses du sport.
Mot barbare qui a fait récemment son apparition dans les journaux.
- SPORTSMAN, s. m. Homme de cheval, habitué des courses.
- SPORTSMANIE, s. f. La manie des courses,—dans l'argot des bourgeois.
- STALLE, s. f. Chaise ou fauteuil,—dans l'argot des francs-maçons.
- STERLING, adj. Pur, de bon aloi; riche,—dans l'argot du peuple, qui n'a pas le moins du monde «emprunté ce superlatif au système monétaire anglais», par l'excellente raison que ce «superlatif» a, en anglais, la même signification qu'en français: Sterling wit (esprit de bon aloi), sterling merit (mérite remarquable), disent nos voisins. M. Ch. Nisard s'est trompé.
- STICK, s. m. Petite canne,—dans l'argot des «young gentlemen», qui mettent cela dans leur bouche comme un sucre d'orge, au lieu d'appuyer leurs mains dessus comme sur un bâton.
Ce mot entrera sans peine dans la prochaine édition du Dictionnaire de l'Académie, plus hospitalier pour les mots anglais que pour les mots français. Même observation à propos de derby, turf, studbook, handicap, steeple-chase, match, etc.
- STOCKFISH, s. m. Anglais,—dans l'argot des faubouriens.
- STOP! Expression de la langue anglaise qui est passée dans l'argot des canotiers parisiens. Elle signifie, on le sait: «Arrêtez!»
- STOPPER, v. n. Arrêter, faire escale.
C'est le verbe anglais To stop.