- TIREJUTER, (Se). Se moucher.
- TIRE-LARIGOT (A), adv. Abondamment, beaucoup,—dans l'argot du peuple, qui a eu l'honneur de prêter cette expression à Rabelais.
Si j'étymologisais un peu?
Larigot était jadis pris, tantôt pour le gosier, tantôt pour une petite flûte, Arigot; d'autant plus une flûte que souvent on employait ce mot au figuré dans un sens excessivement gaillard. (V. Saint-Amant). Donc, Boire à tire-larigot, c'était, c'est encore Boire de grands verres de vin hauts comme de petites flûtes.
On a étendu le sens de cette expression: on ne boit pas seulement à tire-larigot, on chante, on joue, on frappe à tire-larigot.
- TIRE-LIARD, s. m. Avare.
- TIRELIRE, s. f. Le podex,—dans l'argot ironique des ouvriers.
- TIRELIRE, s. f. La tête,—où se mettent les économies de l'Étude et de l'Expérience. Argot des faubouriens.
- TIRE-MOLARD, s. m. Mouchoir,—dans l'argot des voyous.
- TIRER, v. a. Peindre, spécialement le portrait,—dans l'argot du peuple.
- TIRER (Se la), v. réfl. Fuir.
- TIRER A BOULETS ROUGES SUR QUELQU'UN, v. n. Le poursuivre inexorablement, lui envoyer des monceaux de papier timbré,—dans l'argot des bourgeois, qui deviennent corsaires avec les flibustiers.
On dit aussi Poursuivre à boulets rouges.
- TIRER A LA LIGNE, v. n. Ecrire des phrases inutiles, abuser du dialogue pour allonger un article ou un roman payé à tant la ligne,—dans l'argot des gens de lettres, qui n'y tireront jamais avec autant d'art, d'esprit et d'aplomb qu'Alexandre Dumas, le roi du genre.
- TIRER AUX GRENADIERS, v. n. Emprunter de l'argent à quelqu'un en inventant une histoire quelconque,—dans l'argot du peuple.
- TIRER DE LONGUEUR (Se). Se dit—dans l'argot des faubouriens—d'une chose qui tarde à venir, d'une affaire qui a de la peine à aboutir, d'une histoire qui n'en finit pas.
- TIRER D'ÉPAISSEUR (Se), v. réfl. Se tirer d'un mauvais pas,—dans l'argot des ouvriers.
Signifie aussi diminuer,—en parlant d'une besogne commencée.
- TIRER DES PIEDS (Se), v. réfl. S'en aller, s'enfuir.
- TIRER LA DROITE, v. a. Traîner la jambe droite par habitude de la manicle qu'elle a portée au bagne,—dans l'argot des agents de police, qui se servent de ce diagnostic pour reconnaître un ancien forçat.
- TIRER LA LANGUE, v. a. Être extrêmement pauvre,—dans l'argot du peuple.
On dit aussi Tirer la langue d'un pied.