- VOIR VENIR QUELQU'UN AVEC SES GROS SABOTS. Se dit—dans le même argot—de quelqu'un qui est deviné avant d'avoir parlé ou agi, par son inhabileté ou sa gaucherie.
- VOITE, s. f. Apocope de Voiture,—dans l'argot des voyous.
- VOITURE A TALONS (La). Les jambes avec lesquelles on se passe de voiture. Argot du peuple.
- VOIX D'EN BAS, s. f. Le peditum de Catulle, ou plutôt son leve petitum,—dans l'argot facétieux des faubouriens qui ignorent que Savinien Lapointe a publie sous ce titre un recueil de poésies fort estimables.
- VOLAILLE, s. f. Femme ou fille débauchée,—dans l'argot du peuple, qui sait que la plupart des drôlesses sont bêtes comme des oies.
- VOLAILLE, s. f. Homme sans consistance; aimable sceptique qui ne croit qu'à lui. Argot des gens de lettres.
- VOLAILLER, v. n. Argot des gens de lettres.
- VOLAILLER, v. n. Courir les gueuses.
- VOLAILLER, v. n. N'avoir pas de stabilité dans ses affections, se faire l'ami du premier venu.
- VOLE-AU-VENT, s. f. Plume,—dans l'argot des voleurs.
- VOLÉ (Être). Mystifié, trompé, déçu,—dans l'argot du peuple.
- VOLÉE, s. f. Coups donnés ou reçus.
C'est le Banging des ouvriers anglais.
- VOLTIGEANTE, s. f. La boue,—dans l'argot des voyous.
- VOLTIGEUR DE LA CHARTE, s. m. Homme qui croit encore à la Charte-Vérité comme les Juifs croient au Messie. Argot des journalistes.
- VOLTIGEUR DE LOUIS XIV, OU DE LOUIS XVIII, s. m. Emigré, retour de Gand ou de Coblentz.
Se dit depuis 1815.
- VOLTIGEUR DE 89, s. m. Prudhomme politique qui a toujours à la bouche les «immortels principes» de la première Révolution.
- VOUÉ AU BLANC (Être). Se dit—dans l'argot des faubouriens—d'un apprenti qui n'aime pas à travailler et qui préfère polissonner avec les voyous et les filles du faubourg.
- VOUSAILLE, pron. pers. Vous,—dans l'argot des voleurs.
- VOUS-N'AVEZ-RIEN, s. m. Employé de l'octroi,—dans l'argot des faubouriens, par allusion à sa phrase habituelle: «Vous n'avez rien à déclarer?».
- VOÛTE AZURÉE, s. f. Le ciel,—dans l'argot des académiciens, qui ont des lunettes bleues.
- VOÛTE D'ACIER, s. f. Partie du cérémonial maçonnique.
- VOYAGE (Le). Le tour de France,—dans l'argot des saltimbanques.
Se connaître sur le voyage. Pendant la tournée départementale.
- VOYAGEUR, s. m. Insecte parasite,—dans l'argot des faubouriens.
- VOYAGEUR, s. m. Amateur,—dans l'argot des saltimbanques, qui donnent ce nom à celui des spectateurs qui consent à leur servir de compère dans un tour de force ou d'adresse.
- VOYAGES, s. m. pl. Épreuves de réception,—dans l'argot des francs-maçons.
- VOYOU, s. m. Gamin de Paris, enfant perdu de la voie publique; produit incestueux de la boue et du caillou; fumier sur lequel pousse l'héroïsme: hôpital ambulant de toutes les maladies morales de l'humanité; laid comme Quasimodo, cruel comme Domitien, spirituel comme Voltaire, cynique comme Diogène, brave comme Jean Bart, athée comme Lalande,—un monstre en un mot.
Type vieux—comme les rues. Mais le mot est moderne, quoiqu'on ait voulu le faire remonter jusqu'à Saint-Simon, qui traite de voyous les petits bourgeois de son temps.
- VOYOUCRATE, s. m. Démocrate qui exagère la Démocratie, et dont l'Idéal, au lieu de plonger dans l'éther de l'abbé de Saint-Pierre, barbote dans la fange du sans-culottisme.
- VOYOUCRATIE, s. f. Gouvernement de la blouse sale; tyrannie du ruisseau; démocratie qui ferait regretter aux républicains sincères «le despotisme de nos rois»—lequel du moins était un despotisme aimable.
- VOYOUTE, s. f. Petite drôlesse qui s'accouple avec le voyou avant l'âge de la nubilité,—afin de n'en pas laisser perdre la graine. Fleur fanée qui ne se nouera jamais en fruit,—fille qui ne sera jamais que fille.
J'ai créé le mot il y a quelques années: il est maintenant dans la circulation.