De copurchic est dérivé copurchisme qui désigne l'ensemble des gens asservis à la mode. «Les élégantes de copurchisme veulent, elles aussi, donner une fête au profit des inondés.» (Illustration, janvier 1887.)
- COQUEMART. Chaudron. (Richepin.)
- COQUILLARD. Œil. S'en tamponner le coquillard, s'en battre l'œil, s'en moquer.
- CORBILLARD DE LOUCHERBEM. «Et voici, pour corser tous ces parfums et leur donner la note aiguë, voici passer au galop le corbillard de loucherbem, l'immonde voiture qui vient ramasser dans les boucheries la viande gâtée.» (Richepin.)
- CORIO. Fontaine. Argot des élèves de l'Ecole Polytechnique. C'est le général Coriolis qui fit installer des fontaines dans les cours de l'Ecole.
- CORPS DE POMPE. L'ensemble des professeurs de l'Ecole de Saint-Cyr. «Ceux qui savent quelques bribes de dessin, pochent en quatre traits la caricature du corps de pompe.» (Maizeroy: Souvenirs d'un Saint-Cyrien.)
- CORRECTEUR. Argot des établissements pénitentiaires. Détenu qui est chargé d'exercer une surveillance sur ses camarades.
- COSTUME (Faire un). Argot théâtral. Applaudir un acteur dès son entrée en scène et avant même qu'il ait pu prononcer une parole.
- COTE. Terme de course. Tableau sur lequel les bookmakers indiquent les alternatives de hausse et de baisse qui ont lieu sur les chevaux qui prennent part à des courses. «Les paris à la cote sont les seuls autorisés, depuis que les paris mutuels, reconnus jeux de hasard ont sombré par-devant la police correctionnelle.» (Carnet des courses.)
- CÔTIER. Cheval de renfort. Homme qui le conduit. «Plus curieux encore sont les côtiers, c'est-à-dire les chevaux de renfort pour les montées.» (Estafette, 1882.)
- COUCHE (En avoir une). Sous-entendu, de bêtise. Être inintelligent.
- COUDE (Ne pas se moucher du). Se faire valoir. Expression ironique.
- COUP (Valoir le). Mériter attention. Valoir la peine.
- COUP DE CACHET. «Un jeune premier suivant le cœur de M. Zola... a sournoisement introduit un couteau entre les épaules de son rival... en imprimant à son arme, s'il en faut croire l'acte d'accusation, un mouvement de rotation destiné à donner au coup une force inévitablement mortelle. C'est ce que M. Huysmans appelle le coup de cachet.» (L. Chapron.)
- COUPE-FILE. Carte délivrée par la Préfecture de police aux membres du corps diplomatique, aux ministres, aux personnages de distinction et qui sert à couper les files de voitures, à circuler ou à stationner dans des endroits où le public ne peut ni circuler, ni stationner.
«Tu ne verras pas, conduisant
Leur bois peint, tout frais reluisant,
Un groom en croupe,
Avec un coupe-file, au Bois,
Des gens qui faisaient autrefois
Filer la coupe!»
(Clairon, 1882.)
- COUPE-GUEULE. V. Biboire.
- COUPER DANS LE CEINTURON. Même signification que Couper dans le pont. (V. Delvau.) «Une vieille ambitieuse qui est simple marchande des quatre saisons, et que j'ai coupé dans son ceinturon.» (Gazette des Tribunaux, 1881.)
- COUPER LA VERTE, L'ALFA. Argot militaire. Boire de l'absinthe.
- COURRIER DE LA PRÉFECTURE. Voiture cellulaire.
- COUTURES (Rabattre les). Battre. Argot des écoliers. «Selon l'usage, on voulut commencer par lui rabattre les coutures, c'est-à-dire le brimer à coups de poing.» (A. Theuriet: Michel Verneuil.)
- COUVERTURE.—Dans le jargon militaire, la couverture, mot tout récent, signifie l'ensemble des troupes et des ouvrages de fortification qui couvrent une frontière et sont destinés à soutenir un premier choc. «Surtout ne dites pas que le général Février a le commandement de la couverture.» (Figaro, mars 1887.)
- CRAMPONNER (Se). Être saisi d'étonnement, d'admiration. Cramponne-toi, Gugusse, est une phrase ironique que le peuple emploie souvent en s'adressant à quelqu'un pour l'avertir qu'il va voir ou entendre quelque chose d'extraordinaire.
- CRAN. (Se serrer d'un). Se priver de. Se serrer le ventre, ne pas manger à sa faim.
- CRAYON. Commis boursier, employé d'agent de change, «Habile, finaud, un des malins crayons de la coulisse, Luzy n'avait pas le grand flair de Blancheron.» (De Goncourt: La Faustin.)
- CRAVACHE (Être à la). - On se sert aussi de cette expression d'abord pour exprimer l'état de quelqu'un qui, riche, se trouve dans une situation sinon précaire, tout au moins bien au-dessous de celle qu'il possédait, au point de vue de la fortune s'entend. «La nouvelle du jour est le mariage d'une demi-mondaine très décatie, mais fort riche, avec un clubman très titré, mais fortement à la cravache depuis le krack.» (Gil Blas, juin 1887.)
- CRÉTINISÉ (Être). Être ébaubi, stupéfait d'admiration, «—C'est la plus belle créature de notre temps.—J'en suis crétinisé!» (Vie Parisienne, 1882.)
- CREVANT. Très drôle, à crever de rire.
- CROIX DE DIEU. Alphabet. «Je connaissais la croix de Dieu. La croix de Dieu, vous le savez, n'est rien moins que l'alphabet avec une belle croix au commencement.» (B. Pifteau.)
- CROTAL. Sergent à l'Ecole Polytechnique. «L'on s'installe par demi-section présidée par un crotal. Le crotal c'est le sergent.» (Gil Blas, juin 1882.)
- CROTTARD. Trottoir. V. plus bas Magasin.
- CUIRE (Se faire). Se faire arrêter.
- CUL LEVÉ. Partie d'écarté à trois où deux des joueurs s'entendent pour dépouiller le troisième.
- CULASSES MOBILES (Revue des). Argot militaire. Inspection médicale qui a lieu tous les mois.
- CULBUTANT. Pantalon. (Richepin.)
- CULOTTE ROUGE (Donner dans la). Choisir ses amants dans l'élément militaire.
- CYLINDRE. Chapeau haute forme.