E
- EAU DE SAVON. Absinthe. Argot du peuple.
- EAUX GRASSES (Être dans les). Occuper une haute situation dans une administration.
- ÉCAILLÉ. Souteneur. Allusion aux écailles de poisson.
- ÉCOLE PRÉPARATOIRE. Prison.
- ÉDUQUER. Elever, instruire, donner de l'éducation. «Nous sommes trop bien éduqués pour refuser de boire un petit verre à votre intention.» (De Montépin.)
- EFFONDRER. Battre, assommer. Argot du peuple. «Te souviens-tu de cette lutte en plein champ? Pauvre garçon, avec tes vingt-cinq ans, j'en aurais effondré quatre comme toi.» (Belot et Dantin: Le Parricide.)
- ÉGAILLER LES CARTES. Les étaler. Argot des cercles.
- ÉGRENÉ. «Quand on (un journal) est installé, c'est d'une simplicité extrême... Pour le Clairon, il a fallu, durant ces premiers jours écrire les bandes à la main, les affranchir et les porter au bureau central d'où elles partent individuellement au lieu de partir par paquets. On appelle cela le service des égrenés et le service des égrenés se fait après le service des classés. (Clairon.)
- ÉLECTEUR. Client,—dans l'argot des commis voyageurs. Quand la tournée a donné de bons résultats, l'électeur a bien voté; si les commandes ont été rares, il a mal voté.
- ÉLECTEUR (Se mettre en). Argot de caserne. C'est, pour le soldat, revêtir des habits civils.
- ÉLÉPHANT. Argot du Quartier latin. On appelle ainsi l'étudiant en médecine à la veille de passer sa thèse ou le jeune docteur qui suit bénévolement les cours d'un professeur dans un hôpital.
- EMBAU. Embauchage. Argot des ateliers. «Vous savez bien, aux environs de l'Hôtel de Ville, là où il y a de si grandes places que les ouvriers sans travail arrivent à s'y tasser, attendant l'embau.» (Cri du peuple, août 1884.)
- EMBAUCHE. Travail, ouvrage, emploi quelconque. Terme populaire. Pourquoi avoir laissé tomber dans le bas langage ce mot parfaitement usité au XVIIe siècle? «Viens avec moi; mon frère a un peu de galette; nous le taperons de quelques ronds et nous irons chercher de l'embauche.» (Gagne-petit, avril 1886.)
- EMBAUMÉ. Jeune homme élégant dans le jargon parisien. L'embaumé est le descendant direct du faucheur qui, lui-même, succédait au bécarre qui descendait des boudinés, grelotteux et autres pschutteux. Embaumé qui donnait assez bien l'idée du jeune élégant pommadé, mais exsangue, fit fureur pendant la saison d'été 1885-1886 et a été détrôné à son tour par de nouveaux vocables, «De la Bastille à la Madeleine, l'embaumé règne en maître absolu.» (Voltaire, décembre 1885.)
- EMBOÎTER. Insulter.—Se faire emboîter, argot théâtral, être sifflé.
- EMBOUCANER (S'). S'ennuyer. Argot des voyous.
- EMBUSQUÉ. Argot militaire. Soldat dispensé, en raison de fonctions spéciales, du service commun. «Pas plan de carotter la revue, tous les embusqués, soldats de cantine, garçons du mess, secrétaires du major, tout le monde est là.» (Monde comique, no 195.)
- ÉMÉCHEUR DE PARTIES. Certains fondateurs de cercles ou maisons de jeux réunissent un capital qui leur sert à spéculer sur les petits pontes qu'ils gagnent presque toujours. En argot des joueurs, on nomme ceux qui se livrent à des opérations de ce genre des voraces ou des émécheurs de parties.
- ÉMOUSSÉ. Encore un des nombreux surnoms qui ont été donnés à la fleur de nos jeunes élégants. «Quant aux jeunes étriqués, efféminés, rachitiques dérivés des grelotteux, crevés, rez-de-chaussée, ils s'appelleront désormais des émoussés.» (Voltaire, mars 1887.)
- EMPIERGEONNER. S'empêtrer. (Richepin.)
- EMPLUCHER. Piller.
- ENCADRER QUELQU'UN (Faire). Se dit d'une personne qui présente quelque particularité prêtant à rire.
- ENCAMBRONNER. Ennuyer considérablement. C'est une variante adoucie de l'autre verbe dont le peuple a plein la bouche. «Quant aux politiciens qui battent la grosse caisse autour de quelques noms, ils nous encambronnent supérieurement.» (L'Egalitaire, journal 1885.)
- ENDORMEUR. Homme ennuyeux.
- ENFIFRÉ. Non-conformiste.
- ENFILER. Se faire enfiler, se faire arrêter.
- ENGAGER. Argot de turf. Prendre inscription pour faire participer à une course publique un cheval dont on est propriétaire.
- ENGUEULER LE TROTTOIR. Porter des chaussures éculées, percées. «Des souliers éculés avec des semelles... qui engueulent le trottoir.» (Vie Parisienne, 1882.)
- ENQUILLEUR. Argot des voleurs et surtout des bonneteurs. (V. Chocolat.)
- ENTRÉE. Argot de turf. Somme versée par le propriétaire qui engage un cheval pour une course.
- ENVIANDER. Copuler. On dit aussi, tremper sa mouillette.
- ÉPATOUFFLER. Variante d'épater. «On est un peu épatoufflé—pour employer une expression familière de Mme de Rémusat elle-même—par ce sans-gêne mondain.» (Liberté, novembre 1883.)
- ÉPINGLER. Arrêter.
- ÉPOUFFER (S'). Fuir, se sauver.
- ÉPROUVÉ. Condamné qui, ayant déjà subi la moitié de sa peine s'est, par une bonne conduite, recommandé à l'administration.
- ESBIGNER DANS SA BOITE A PUCES (S'). Rentrer chez soi. «Si c'est comme ça qu'on vous reçoit dans le monde chic, des mâches! J'aime mieux m'esbigner dans ma boite à puces.» (Mahalin: La patte de fer.)
- ESBLOQUER. Etonner, stupéfier.
- ESCAVER. Empêcher.
- Écrabouiller. Écraser; réduire en morceaux, en miettes.
- ESCOUADE (Parapluie de l'). Argot militaire. Envoyer chercher le parapluie de l'escouade: moyen poli de se débarrasser d'un importun. (Ginisty: Manuel du parfait réserviste.)
- ESSENTIEL. «Dans le quart du monde, ces demoiselles ont trouvé une nouvelle façon d'appeler leur monsieur sérieux. Elles le nomment l'essentiel,» (Evénement, décembre 1886.) Essentiel fait penser à ce que les joueurs de profession appellent leur matérielle. (V. infra ce mot.)
- ESTAPHE. Poule. Jargon des voleurs.
- ESTOMAC (Avoir beaucoup d'). Argot des cercles. Jouer gros jeu.—Avoir une grosse fortune; présenter des garanties sérieuses au point de vue commercial. C'est une variante de: Avoir les reins solides. «Blancheron, un coulissier et un des plus fiers estomacs de la Bourse.» (De Goncourt: La Faustin.)
- ÉTAGÈRE. Femme qui dans les restaurants parisiens est préposée au service des desserts qui sont en général exposés sur une étagère.
- ÉTANCHE (Avoir le goulot en). Avoir le gosier altéré. «Charge-moi vite une gobette de champoreau; j'ai le gosier en étanche! (Réveil, 1882.)
- ÉTAT-MAJOR. Argot de caserne. Boisson composée de vin, d'eau-de-vie et de sirop de groseille. (P. Ginisty: Manuel du parfait réserviste.)
- ÉTEINT. Une des dernières incarnations du bon jeune homme à la mode. «Rastaquouères fraîchement débarqués, jeunes éteints du dernier cri, millionnaires sans le sou...» (France libre, juillet 1885.)
- ÉTOUFFÉ. C'est ainsi qu'on a surnommé pendant quelque temps les jeunes poseurs qui ont la prétention de représenter l'élégance, le bon ton et les belles manières. «Songez que cela ne s'adresse point aux petits étouffés qui amènent dix-sept ou dix-huit au dynamomètre.» (France libre, juillet 1884.)
- ÉTEINDRE SON GAZ. Mourir.
- ÉTOUFFAGE. Vol. Etouffer, voler. Étouffeur, grec, voleur. Argot des joueurs. (V. Delvau: Étouffoir.)
- ÊTRE AU SAC. Avoir de l'argent. «Les deux amis se tombent dans les abatis l'un de l'autre et Hégésippe qui était au sac propose à Philoclès de venir prendre un petit quelque chose sur le pouce.» (Les mistouf's de Télémaque.)
- ÉVACUER DU COULOIR. Sentir mauvais de la bouche.
- EXÉCUTION. V. Delvau: Exécuter quelqu'un.
- EXHIBITIONNISTE. Non conformiste.
- EXTRAVAGANT. Verre de bière d'une capacité plus qu'ordinaire.
F
- FABRIQUER. Faire, dans le sens général. Qu'est-ce que tu fabriques là?
- FACILE A LA DÉTENTE. Généreux.
«Mon mari, dit une marquise,
Hier s'est généreusement
Fendu d'une parure exquise.
—C'est fort aimable, assurément,
Dit une comtesse charmante;
Mon époux, malheureusement,