Est moins facile à la détente.»
(Marcellus: Le langage d'aujourd'hui.)
- FAIRE. Arrêter. Argot des voleurs. Être fait, être arrêté.
«Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin... puis il part. Dans l'après-midi il était fait.» (Gil Blas, juin, 1886.)
- FAIRE QUATRE CHIFFRES. Argot de théâtre. Faire une recette d'au moins mille francs. «On se frottait les mains au théâtre, le soir, quand, par hasard, on avait atteint ce qu'on appelait les quatre chiffres. Les quatre chiffres cabalistiques, c'était mille francs.» (F. Sarcey: Temps, 1882.)
- FAIRE SIPHON. Argot des voyous. Vomir.
- FAIRE SON CHEVAL DE CORBILLARD. Faire le malin. Poser.
- FAISAN. On appelle ainsi, dans le commerce parisien, des filous qui ont cette spécialité: exploiter des fonds de commerce qu'ils se repassent entre eux tous les trois mois, au moment de l'échéance des traites, soldant les marchandises qu'ils se sont procurées à crédit. Le faisan est proche parent du fouilleur. (V. ce mot.) «Certains inculpés, tels que Colson, ont joué le rôle de faisans.» (Droit, août, 1886.)
- FAISEUSE D'ANGES. Nourrice qui, de propos délibéré, laisse mourir les enfants qu'on lui confie.
- FALLOPHAGE. Argot des savants. (V. Avale-tout.)
- FALOURDE. Réclusionnaire. Argot des malfaiteurs. «Tous ces filous font partie d'une bande parfaitement organisée, embrigadée; une véritable association avec ses chefs, ses banquiers, ses professeurs dont le maître suprême est un falourde répondant au surnom de Dragon.» (Temps, 1886.)
- FANTASBOCHE. Fantassin.
- FAUCHEUR. Type de l'homme à la mode qui a fleuri en l'an de grâce 1885. Ça a été le successeur au grelotteux. «Paris a eu ses dandys, ses lions, ses gommeux, ses pschutteux. Il a maintenant un type nouveau qui s'appelle le faucheur. Le faucheur est cet individu, situé entre vingt et vingt-cinq ans, que vous rencontrez sur les boulevards une canne à la main et qui représente à vos yeux la quintessence du chic parisien. Le faucheur est ainsi nommé à cause de sa façon de marcher et surtout de porter sa canne. Il la tient par le petit bout, laissant traîner la pomme à terre; le bras droit qui se balance énergiquement de gauche à droite ou bien du nord-ouest au sud-est, rappelle l'allure des gens de la campagne fauchant les blés murs et les foins odorants. De là le sobriquet.» (Figaro, 1885.)
- FAUCONNIER, ou mieux GREC FAUCONNIER. Grec qui taille des banques pour le compte d'un gérant ou d'un président de cercle véreux.
- FÉDÉRÉ DANS LA CASEMATE (Avoir un). Être enceinte.
- FEMME AU PETIT POT. Concubine. Argot des chiffonniers.
- FERBLANTERIE. Brochette de décorations.
- FERBLANTIER. Commissaire de la marine. Ainsi nommé à cause de ses galons d'argent. «Une amertume gâtait toujours ses satisfactions d'employé: l'accès des commissaires de marine, des ferblantiers, comme on disait à cause de leurs galons d'argent, aux emplois de sous-chef et de chef.» (Guy de Maupassant.)
On désigne aussi de ce nom, depuis la révélation de scandales qu'on n'a point oubliés les individus qui se livrent au trafic des décorations. Pendant que les ferblantiers et les ferblantières continuent à accaparer l'attention publique...» (National, octobre 1887.)
- FER A REPASSER. Soulier.
- FERMER SON PLOMB. Se taire.
- FERRÉ (Être). Argot des écoles: connaître parfaitement les matières qui figurent au programme d'un examen; être instruit.
- FESSE. Argot des voyous. Prostituée.
- FÊTARD. Le langage populaire qui avait déjà fêteur a trouvé que cela ne suffisait pas. Fêtard, fêteur, qui fait la fête, la noce, en un mot qui passe son temps à s'amuser. «Le fêtard est un être particulier dont toute l'occupation en ce monde est de se divertir. «Le fêtard ne se met jamais martel en tête que lorsque le grand H... ou la petite Valérie se font excuser au prochain souper.» (Illustration, nov. 1885.)
- FEU (Avoir du). Argot des enfants qui se servent, dans un sens ironique, de cette locution au jeu dit des quatre-coins. As-tu du feu? signifie: Es-tu prêt à échanger ton coin contre le mien. Voici, je suppose, l'origine de cette expression: on sait que les gamins ne se gênent pas pour fumer. Or, l'un d'eux ayant un jour une cigarette éteinte, voulut prendre du feu à la cigarette allumée d'un des trois autres joueurs et, pendant ce temps se vit prendre sa place par le cinquième, le patient, le pot.
- FEUILLE. «Les filles d'Eve ont reçu différents noms, suivant les époques, les règnes et les modes... A Saumur, leur nom ne varie plus. On les appelle des Feuilles.» (Théo-Critt: Nos farces à Saumur.)
- FEUILLES (Bonnes). Les passages les plus remarquables d'un livre, d'une brochure.
- FEUILLÉES. Latrines. Argot du régiment. Allusion aux branches d'arbres que l'on place, au camp, autour des cabinets pour les dissimuler.
- FICHER DANS LA DOUANE (S'en). S'ennuyer énormément. Argot de ces messieurs de la douane.
- FIGNOLE. Joli. (Richepin.) V. Delvau, Fignoler.
- FIGURANT DE LA MORGUE. Cadavre.
- FILER UNE PURGE. Battre, rouer de coups. Argot des rôdeurs. «Les inculpés reconnaissent qu'ils ont été chargés par l'inconnu de frapper M. L..., de lui filer une purge, dit Baylac (un inculpé).» (Autorité, janvier 1888.)
- FILLE (Petite). Demi-bouteille de vin.
- FILS D'ARCHEVÊQUE. Argot des élèves des écoles spéciales qui nomment ainsi ceux de leurs camarades qui sont les fils de leur père, c'est-à-dire dont la famille est haut placée et pour lesquels protection et passe-droits ne font pas défaut. «Une promotion (à l'Ecole navale) aussi forte que celle qui était annoncée ne se justifiait... que par le nécessité de faire une position à quelque fils d'archevêque.» (Mot d'ordre, 1887.)
- FIOLE. Souper de la fiole de quelqu'un, en être fatigué, importuné.
- FIOLER. Dévisager.
- FISTOT. Elève de première année à l'Ecole navale. «Les anciens attendaient leurs fistots pour les piloter et commencer leur éducation maritime.» (Illustration, octobre 1885.)
- FLAMBÉ (Être). Être perdu. (V. Delvau.) «Avec votre loi, mes cent écus auraient été flambés!» (Journal officiel, juin 1882.)
- FLAMBEAU. Factionnaire. Argot des soldats.
- FLAQUIN. Recherché dans sa mise.
- FLAUPER. Battre.
- FLEUR DE MACADAM. Fille galante qui bat le trottoir. «Encore eût-elle (madame de Metternich) éclipsé cette fleur de macadam par la crânerie de sa désinvolture.» (Evénement, 1880.)
- FLÛTE. Verre de bière.
- FOIES BLANCS (Avoir les). Être timide, manquer de courage, d'audace.
- FOIRER. Avoir la dysenterie. Expression très triviale. (V. Foire au Dictionnaire.)
- FOIRER. Avoir la foire.
- FOIRON. Derrière.
- FORTIFES. Fortifications. «C'est tout en haut de la rue d'Allemagne, près des fortifes, comme dit le voyou.» (Evénement, juillet 1887.)
- FOUILLE. Poêle. Delvau donne Fouillouse et Littré fouilleuse.
- FOUILLEUSE. Argot de police. Femme chargée de fouiller dans les prisons soit les détenues soit les visiteuses qui les viennent voir. «Le soir, la Fouilleuse du Dépôt explore les poches et les vêtements de la femme...» (Gazette des Tribunaux, 1875.)
- FOULE (Faire). Avoir du succès; attirer la foule.
- FOUR A BACHOT. «Déjà, dès cette époque, il s'était créé à Paris et même en province des établissements spéciaux que l'on connaissait alors sous le nom pittoresque de fours à bachots; leur spécialité, c'était de gaver en quelques mois les jeunes gens de toutes les connaissances que comportait un programme qui devait se répartir sur dix années d'études.» (XIXe Siècle, mai 1884.)
Le Four à bachot existe encore aujourd'hui sous cette appellation plaisante et vraie.
- FOURCHETTE (Lancer un coup de). Porter à l'adversaire avec lequel on se bat un coup dans les deux yeux à la fois en y enfonçant, d'un mouvement rapide, l'index et le doigt majeur écartés.
- FOURNAISE. «Ils fabriquaient des pièces de deux francs à l'effigie de la République qu'ils vendaient soixante-quinze centimes à des fournaises; c'est ainsi qu'on désigne ceux qui écoulent de la fausse monnaie.» (Figaro, mars 1884.)
- FOURNEAU. Vagabond,—dans l'argot des saltimbanques.
- FOUTOIR. Petite maison ou petite chambre réservée et discrète. Se dit aussi d'un lieu public ou d'une maison privée qui admettent une grande licence.
- FRAIS (Mettre au). Emprisonner. On dit aussi Mettre à l'ombre.
- FRANC. Argot militaire. Bon, agréable. Pas d'exercice, demain! c'est franc! (Ginisty: Manuel du parfait réserviste.)
- FRANGEUSE. Nécromancienne. «Il apprit que le mot frangeuse voulait dire magicienne et que Mme Bailly lisait l'avenir dans le marc de café.» (Gil Blas, juillet 1884.)
- FRÉQUENTÉE. Femme galante et à la mode. «Le baccarat, les belles fréquentées, le krack ont réduit à la misère un nombre considérable de viveurs et de boursiers.» (Evénement, septembre 1884.)
- FRICOTER. «Les secrétaires, les commis d'état-major qu'on appelle fricoteurs au régiment, sont assis dans une salle au rez-de-chaussée, autour d'une immense table.» (Constitutionnel, août 1882.)
- FROTTEUR. Argot de Police. «Maniaques qui suivent la foule pour se frotter à elle; pour toucher d'une main frémissante les femmes de toutes catégories qui se pressent autour d'eux.» (Giffard: Les grands bazars.)
- FRUCHE. Objet disqualifié. Argot des commis de nouveautés.
- FUMERON. Repasseuse.
- FUMEUSE. Siège où l'on s'assied pour fumer commodément.—Chandelier.
- FUMEUX. Sobriquet donné en 1884 pour désigner les jeunes gens du monde où l'on s'amuse. «Tout le monde pschutteux s'était donné rendez-vous à cette solennité parisienne entre toutes: les petits fumeux et les horizontales de toutes marques s'écrasaient dans le promenoir.» (Evénement, juillet 1884.)
- FUMISTER. Mentir.
- FUMISTERIE. Mauvaise plaisanterie.
- FURET. «Une des grèves les plus curieuses de Paris est celle qui se tient rue Vaucanson. Les hommes qui la composent se nomment furets. C'est à cette grève que les personnes qui ont besoin d'un individu pour porter un fardeau ou qui désirent faire faire un grossier ouvrage, se rendent et choisissent un de ces malheureux...» (Rappel, octobre 1884.)
- FUSÉE. Argot des gens de Bourse. La fusée est l'enlevée en hausse d'une valeur. On entend dire couramment à la Bourse: Le Trois vient de faire une fusée de quinze sous.
- FUSIL. Chasseur. «Ils (les reporters) n'appellent pas un chat, un chat; ils ne disent pas d'un chasseur, un chasseur, ils disent un fusil. J'ai lu, cette semaine, à propos d'une battue chez une demi-mondaine fort célèbre, cette phrase étonnante: «Invités: douze fusils des deux sexes.» (Claretie.)
- FUSIL A DEUX COUPS. Pantalon.
- FUSILLEUR. On appelle ainsi, dans l'argot des commerçants, les filous qui achètent argent comptant, mais à vil prix, des marchandises à des escrocs qui, eux-mêmes, les ont obtenues à crédit avec l'intention de ne jamais les payer. «Les fusilleurs ont été certainement de mauvaise foi, mais les précautions prises par eux pour masquer leurs agissements n'ont point permis de relever contre eux des faits assez précis pour établir leur entière culpabilité.» (Droit, août 1886.)
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