«Il s'en va de la queue au crâne de la bête,
Tantôt penche à tribord, tantôt penche à bâbord.
S'il est vraiment pinçard, il entre dans le port.
Mais s'il est maladroit, hélas! pique sa tête.»
(Nos farces à Saumur.)
- PINGOUIN. Terme injurieux. Synonyme d'imbécile, de propre à rien.
- PIQUE-CHIEN. Argot des élèves de l'Ecole polytechnique. Le pique-chien n'est point, à proprement parler, comme le dit Rigaud dans son Dictionnaire d'argot moderne, le concierge de l'École. C'est un adjudant chargé de surveiller la sortie et la rentrée des élèves. Comme là se borne presque toutes ses occupations, il a tout le loisir de dormir, de piquer son chien.
- PIQUER UNE MUETTE. Faire silence. Argot de Saint-Cyr. «Aujourd'hui, il sera piqué une muette au réfectoire.» (Maizeroy: Souvenirs d'un Saint-Cyrien.)
- PIQUER UNE PLATE. Ne pouvoir, ne savoir répondre aux questions posées à un examen. Jargon des élèves de l'École navale. Nos lycéens disent: piquer une sèche. «Le timonier apparaît.—M. A..., au cabinet de babord!—M. A... court un grand danger de piquer une plate. Heureusement l'interrogation est remise à huitaine.» (Illustration, octobre 1885.)
- PIQUER L'ÉTRANGÈRE. Argot du régiment. Tomber de cheval.
- PIQUER UNE ROMANCE. Dormir. Argot militaire.
- PIQUER UNE SÈCHE. Argot des lycéens et des élèves des Écoles. Avoir un zéro, c'est-à-dire la note très mal, pour une des parties d'un examen. «Il est constant que tout pipo qui est sorti sans piquer une sèche, de ses examens généraux, se croit parfaitement apte à régenter l'État.» (Gaulois, mars 1881. V. Delvau: Sec.)
- PIQUER LE TASSEAU (Se). V. Delvau: Se piquer le nez.
- PISSER DESSUS. Pisser sur quelqu'un. Le mépriser, n'en pas faire cas. «J'en demande pardon à M. le maire et à mes collègues du conseil: Je les couvre de mon mépris et je leur pisse dessus.» (Moniteur universel, 1883.)
- PISTOLET A LA SAINDHOMME. Petit crochet avec lequel le mégottier exerce son industrie.
- PISTER. Suivre les voyageurs à la piste lors de leur arrivée dans une ville et leur offrir un hôtel qu'on leur vante.
- PIVOTER. Argot militaire. Manœuvrer dur et beaucoup.
- PLACÉ. Argot de turf. Un cheval est placé quand il n'est distancé par le gagnant que de quelques longueurs.
«Si votre patriotisme vous pousse à prendre un cheval gaulois gagnant, gardez-vous à carreau en prenant en même temps les goddems placés.» (Voltaire, juin 1882.)
- PLANCHE (Faire la). «Ta maîtresse? il y a un mois qu'elle vient faire la planche dans mon garni!» (Evénement, 1885.)
- PLANTER. Coïre.
- PLANTER UN CHOU. Tromper indignement. «Mon ci-devant m'a planté un chou colossal.» (Réveil, 1882.)
- PLAQUER SA VIANDE SOUS L'ÉDREDON. Se coucher. «A onze heures et demie on a levé la séance. Le fait est qu'il était bien temps d'aller plaquer sa viande sous l'édredon.» (Henri IV, 1882.)
- PLEIN. Argot des joueurs de roulette. L'un des casiers sur lesquels se trouvent inscrits les numéros correspondant à ceux de la roulette. Faire un plein, c'est placer sa mise en plein sur un numéro, au lieu de la disposer soit à cheval, soit d'une façon transversale.
- PLEUVOIR. Être abondant.
- POCHETÉE. Inintelligence. En avoir une pochetée, avoir la compréhension difficile.
- POIREAUTER. Attendre quelqu'un dans la rue.
- POISSEUX. Gandin; fashionable. Le successeur du petit-crevé. «Ils se réunissent six ou sept viveurs ou poisseux au café.» (Siècle, 1882.) Poisseuse, compagne du poisseux. «Dans un boudoir de la rue des Martyrs, une jeune poisseuse, étendue sur une chaise longue, lit...» (Henri IV, 1882.)
- POIVROTTER (Se). Se griser.
- POLKA. «Polka ne veut pas seulement dire danse: c'est sous ce nom que les photographes et les dessinateurs désignent certains sujets décolletés.» (Evénement, 1882.)
- POLONAIS. Souteneur.—Sorte de fer à repasser. Argot des blanchisseuses.
- POMPE. Étude. Cours. Argot des Élèves de l'École de Saumur.
«La Pompe! A ce grand mot votre intellect se tend
Et cherche à deviner... La Pompe, c'est l'étude,