- CABOCHE, s. f. Tête,—dans l'argot du peuple, qui s'éloigne bien du κεφαλη [grec: kephalê] grec et du caput latin, mais ne s'éloigne pas du tout de la tradition: «D'autant plus qu'il n'avoit pas beaucoup de cervelle en sa caboche,»—disent les Nuits de Straparole.
«Biau sire, laissiés me caboche,
Par la char Dieu, c'est villenie!»
disent les poésies d'Eustache Deschamps.
On dit aussi Cabosse.
- CABOCHON, s. m. Coup reçu sur la tête, ou sur toute autre partie du corps.
- CABOTIN, s. m. Mauvais acteur,—le Rapin du Théâtre, comme le Rapin est le Cabotin de la Peinture.
- CABOTINAGE, s. m. Le stage de comédien, qui doit commencer par être sifflé sur les théâtres de toutes les villes de France, avant d'être applaudi à Paris.
- CABOTINE, s. f. Drôlesse qui fait les planches au lieu de faire le trottoir.
- CABOTINER, v. n. Aller de théâtre en théâtre et n'être engagé nulle part.
- CABOULOT, s. m. Boutique de liquoriste tenue par de belles filles bien habillées, qui n'ont pour unique profit que les deux sous du garçon.
Ce mot a une vingtaine d'années. Au début, il a servi d'enseigne à un petit cabaret modeste du boulevard Montparnasse, puis il a été jeté un jour par fantaisie, dans la circulation, appliqué à toutes sortes de petits endroits à jeunes filles et à jeunes gens, et il a fait son chemin.
- CABRER (Se), v. réfl. Se fâcher,—dans l'argot des bourgeois.
- CABRIOLET, s. m. Petit instrument fort ingénieux que les agents de police emploient pour mettre les malfaiteurs qu'ils arrêtent hors d'état de se servir de leurs mains.
- CABRION, s. m. Rapin, loustic, mauvais farceur,—dans l'argot des gens de lettres, qui se souviennent du roman d'Eugène Sue (Les Mystères de Paris).
- CACA, s. m. Evacuation alvine,—dans l'argot des enfants; Vilenie,—dans l'argot des grandes personnes qui connaissent le verbe Cacare.
Faire caca. Ire ad latrinas.
- CACADE, s. f. Reculade, fuite honteuse,—dans l'argot du peuple, qui a eu l'honneur de prêter ce mot à Voltaire.
- CACHE, s. f. Endroit où l'on se cache. Argot des enfants.
>Jouer à cache-cache. Jouer à se cacher.