Embrasse mille et mille fois ces bons chéris pour moi.

Je te prie aussi d’embrasser tout le monde pour moi. Reçois les baisers les meilleurs de ton mari qui t’aime, qui ne vit qu’avec ta pensée,

Alfred.


Le 14 février 1895.

Ma chère Lucie,

Les quelques moments que j’ai passés avec toi m’ont été bien doux, quoiqu’il m’ait été impossible de te dire tout ce que j’avais sur le cœur.

Mon temps se passait à te regarder, à m’imprégner de ton visage, à me demander par quelle fatalité inouïe du sort j’étais séparé de toi. Plus tard, quand on racontera mon histoire, elle paraîtra invraisemblable.

Mais ce qu’il faut bien nous dire, c’est qu’il faut la réhabilitation, il faut que mon nom brille de nouveau de tout l’éclat qu’il n’aurait jamais dû perdre.

J’aimerais mieux voir nos enfants morts que de penser que le nom qu’ils portent est déshonoré.