C’est pour nous tous une question vitale, on ne vit pas sans honneur. Je ne saurais assez te le répéter.
J’aurai bientôt un nouveau pas à franchir dans mon étape douloureuse.
Je ne crains pas les fatigues physiques, mais pourvu, mon Dieu, qu’on m’épargne les tortures morales! Je suis las de sentir mon nom méprisé, moi si fier, si orgueilleux précisément de mon nom sans tache, moi qui ai le droit de regarder tout le monde en face! Je ne vis que dans cet espoir, c’est de voir bientôt mon nom lavé de cette horrible souillure.
Tu m’as de nouveau rendu le courage. Ta noble abnégation, ton héroïque dévouement me rendent de nouvelles forces pour supporter mon horrible martyre.
Je ne te dirai pas que je t’aime encore plus; tu sais quel est mon amour profond pour toi. C’est lui qui me permet de supporter mes tortures morales, c’est l’affection de vous tous pour moi.
Embrasse bien tout le monde pour moi, les membres de nos deux familles, tes chers parents, nos enfants, et reçois pour toi les meilleurs et les plus tendres baisers de ton dévoué mari
Alfred.
Le 21 février 1895.
Ma chère Lucie,