III

La corporation des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes ou Barbiers-barbants avait reçu, le 14 mars 1674, des statuts qui furent renouvelés le 26 avril 1718[187]. Ces derniers sont composés de soixante-neuf articles que je vais rapidement analyser.

Comme l'ancienne communauté des barbiers-chirurgiens, la nouvelle était placée sous l'autorité du premier chirurgien du Roi, «chef et garde des chartes, statuts et priviléges de la barberie du royaume». En cette qualité, il avait sur tous les barbiers de France «inspection et juridiction». Ne pouvant exercer en personne, il se faisait représenter par un mandataire ou lieutenant, qu'il était tenu de choisir parmi les anciens jurés de la corporation[188].

Celle-ci se composait du premier chirurgien du Roi, de son lieutenant, d'un greffier, de six jurés ou prévôts-syndics, des anciens syndics retirés du métier et des maîtres[189].

Les jurés étaient élus pour deux ans[190], par une délégation formée du premier chirurgien du Roi, de son lieutenant, des six jurés en charge, de tous les maîtres anciens et de quinze modernes[191].

Tout le monde sait quel rôle jouaient les jurés dans l'administration des communautés; je dirai donc seulement ici un mot des Anciens et des Modernes, dont l'origine est moins connue. Les sentiments de fraternité qui avaient servi de base aux corporations ouvrières s'affaiblirent peu à peu[192], et, vers le commencement du seizième siècle, on vit s'introduire parmi les maîtres une hiérarchie que finirent par accepter presque toutes les communautés. Les maîtres furent alors divisés en trois classes:

Les Jeunes, qui comptaient moins de dix ans de maîtrise;

Les Modernes, reçus depuis plus de dix ans;