Les Anciens, qui exerçaient depuis vingt ans au moins ou avaient rempli la charge de juré.

En général, les Jeunes ne prenaient aucune part à l'administration de la communauté: ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient même pas en cette circonstance le droit de vote. Ils n'étaient pas admis non plus dans les commissions appelées à juger les chefs-d'œuvre. En réalité, le temps passé parmi les Jeunes était une sorte de stage imposé au compagnon après sa réception à la maîtrise.

Comme on le voit ici, les Modernes eux-mêmes, bien qu'éligibles, ne figuraient pas tous parmi les électeurs des jurés.

Les Anciens formaient dans la corporation une véritable aristocratie, très-jalouse de ses prérogatives. Au reste, chaque communauté avait sur ce point ses usages particuliers. En 1680, la corporation des couteliers se composait de quatre-vingt-onze maîtres, qui étaient ainsi classés[193]:

22 Anciens,

32 Modernes,

33 Jeunes,

4 veuves, continuant le commerce de leur mari.

Je reviens à nos statuts.

Les jurés avaient droit de visite chez les barbiers-chirurgiens, et ces derniers droits de visite chez les barbiers-perruquiers[194]. Assistés d'un sergent à verge, il devaient faire au moins quatre visites par an chez chaque maître, «pour voir si les perruques et cheveux qui seront exposés en vente au public sont bons et marchands». Il était dû aux jurés quinze sous par visite[195]. D'une manière générale, on appelait article royal ou marchand celui qui était de bonne qualité, sans tare, sans défaut caché.