« Salve… Voyez-vous ce nuage blanchâtre et grisâtre qui grossit, s’agite, s’étend dans l’espace. Regardez… il noircit… La mer, encore calme, remue ses flots… Elle gronde sourdement… Le bruit augmente… Ah ! que vois-je au loin ? C’est un petit bateau pêcheur… Il périra…
— Pourquoi donc ?… Parce que ce nuage est nommé par les marins un grain… qui porte dans ses flancs d’horribles tempêtes…
— Puis, c’est le naufrage, pour ces pauvres marins, et la mort ! ! !
— Salve Regina, Mater misericordiæ !…
Aussi, prêtez l’oreille !
Entendez-vous les matelots (qui craignent le danger) entonner de leurs fortes voix l’hymne de l’espérance ?
« Salut, Reine du ciel, Mère de miséricorde ! Salut, ô vous qui êtes la vie, la douceur et notre espérance ! Vita, dulcedo, et spes nostra, salve ! »
— Déjà les vents sont déchaînés !… La mer, orageuse et bouleversée, pousse et roule avec colère ses vagues immenses par-dessus les rivages…
— Ecoutez encore ! ! !
— Les cris redoublent. Les matelots tremblent de ne pas arriver au port ; — de ne plus toucher le sol de la patrie ; — de ne plus voir leur père ; — de ne plus embrasser leur mère… Ad te clamamus, exules, filii Evæ !