Leurs vessies ou leurs cloches les soutiennent dans la mer; leurs tentacules les dirigent dans leur marche, et leurs fils pêcheurs leur servent à la fois d’organes de défense, d’organes de préhension et d’organes de succion.
Les Hydroméduses sont des animaux composés, des sortes de Polypiers voyageurs. Leurs colonies forment des franges, des guirlandes, des grappes d’une légèreté remarquable. Ces colonies peuvent offrir trois sortes d’animalcules élémentaires: des individus nourriciers stériles, des individus prolifères sans bouche, et des individus à la fois nourriciers et fertiles. Les premiers ne manquent à aucun genre; les seconds et les troisièmes n’existent pas toujours. On rencontre encore, chez les Hydroméduses, des bourgeons reproducteurs, soit isolés, soit agglomérés. (C. Vogt.)
Ces curieux animaux présentent, ou bien une grande ampoule qui domine toute leur organisation, ou bien des cloches natatoires égales ou inégales, simplement rapprochées ou diversement emboîtées.
Les organes natatoires sont passifs dans les Physalies.
Voyez, sur la mer calme, cette grande vessie oblongue, relevée en dessus d’une crête saillante, oblique et ridée, qui ressemble à une petite voile de pourpre et d’azur tendue sur une nacelle de nacre. Ce brillant Zoophyte est désigné par les marins sous les noms de Vessie de mer, de petite Galère, de Vaisseau de guerre portugais..... Les savants l’appellent Physalie pélagique[65]. En dessous de la vessie, naissent un grand nombre de tentacules charnus, cylindriques, tordus, rayés, qui descendent perpendiculairement comme des sondes de soie bleue. Ceux du milieu portent des groupes de petits filaments; les latéraux se divisent en deux branches grêles, souvent très-inégales. Ces longs filaments sont semés de gouttelettes chatoyantes ou de perles étoilées couleur indigo, qui dessinent des bordures, des zigzags ou des spirales d’une élégance peu commune.
PHYSALIE
(Physalia antarctica Lesson).
«Les Galères, dit Lesson, cheminent parées des plus riches couleurs. La partie vésiculeuse et la crête, remplies d’air, sont d’un blanc nacré argentin, auquel s’unissent les teintes les mieux fondues de bleu, de violet et de pourpre. Un carmin vif colore les bouillonnements du biseau de la crête, et le bleu d’outremer le plus suave teint les divers tentacules.»
Gardez-vous de toucher à ce petit vaisseau vivant: une cuisson plus brûlante que celle de la piqûre des Orties punirait la main téméraire qui oserait le saisir. Cette sensation est produite par un liquide corrosif bleu, de consistance légèrement sirupeuse (Lesson). Le mal dure assez longtemps. Il entraîne quelquefois une tendance syncopale (Dutertre, Leblond). Mais, en général, il ne s’étend pas au delà de la main.
«La Vessie de mer, dit le père Feuillée, m’occasionna, en la touchant, des douleurs si vives, que j’en eus des convulsions.»