CHAPITRE XV
LES OURSINS.
Atra magis pisces et Echinos æquora celent.
(Horace.)
I
Les Astéries ressemblent à des étoiles, les Oursins ressemblent à des melons. Tous appartiennent pourtant à la même classe: ce sont des Échinodermes.
Les Oursins sont vêtus d’une tunique calcaire souvent globuleuse ou ovoïde, quelquefois déprimée, composée de plaques (assules) hexagonales ou polygonales soudées intimement entre elles, formant vingt rangées symétriques distribuées par paires. Les rangées les plus larges portent des piquants mobiles (baguettes), qui sont à la fois des organes de protection et des organes de mouvement; les autres sont percées de pores en séries longitudinales régulières comme les allées d’un jardin (ambulacres), lesquels donnent issue à des filaments (tentacules) dont l’animal se sert pour respirer et pour marcher.
Dans l’Oursin comestible[76], la coquille est composée d’au moins 10 000 pièces distinctes, admirablement assemblées et si solidement unies, que l’ensemble paraît former un seul corps.
OURSIN MAMELONÉ
(Echinus mamillatus Lamarck).
Les piquants sont souvent très-nombreux; ils recouvrent et protégent l’enveloppe. De là le nom de Hérissons de mer qu’on a souvent donné à ces animaux. Les mots Oursin, Echinus, Échinoderme, indiquent aussi cette armure épineuse. Dans une espèce, on a compté jusqu’à 2000 piquants; dans l’Oursin comestible, il y en a au moins 3000. Ces appendices cachent tout à fait la tunique calcaire qui les porte, comme les perles nombreuses qui couvraient le fameux habit du duc de Saint-Simon. L’étoffe était de soie, mais on ne la voyait pas!